Une vision passéiste de l’agriculture - communiqué 27 octobre 2009

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Communiqué de Presse Groupe socialiste
27 octobre 2009
A son habitude, Nicolas Sarkozy a développé un discours fort et populiste très éloigné de son action depuis deux ans.

Une vision passéiste de l’agriculture

Deux ans après le discours du Space de Rennes, où il développait l’idée que les agriculteurs doivent vivre de leur travail, Nicolas Sarkozy a réédité un discours qui n’a pas eu de lendemain et se pose en leader mondial de la régulation contre tous.
Content de lui-même le Président de la République oublie que c’est sous sa présidence de l’Union européenne que les quotas laitiers ont été définitivement supprimés, et que le ministre de l’agriculture a admis que la nouvelle régulation serait moins régulatrice.
Pointant du doigt la grande distribution, il oublie que c’est sa loi de modernisation de l’économie qui pousse à la baisse des prix en donnant tous les pouvoirs à la grande distribution, avec comme objectif avoué la baisse des prix à la consommation. Il oublie que ce sont les services de Bercy dont il est responsable qui ont mis un terme à la fixation collective des prix du lait, enfonçant les éleveurs dans la plus grande détresse. Contre cela, le Président ne propose qu’un agrandissement de l’observatoire des prix, et des contrats dont nous ne savons rien.
Attaquant les 35 heures comme aux plus beaux jours de la campagne de 2007, il ne trouve que la fin des charges patronales comme solution de la compétitivité des exploitations françaises, creusant à terme tous les déficits. M. Sarkozy ne propose pas d’action européenne sur l’harmonisation sociale et fiscale, seule susceptible d’éviter les distorsions de concurrence sur le sol européen .

Les aides annoncées ne changeront rien au marasme dans lequel est plongé l’agriculture. Dans le même temps qu’est prévue la baisse des aides de la PAC après 2013, M. Sarkozy n’a donné aucune piste, aucun outil pour une nouvelle régulation. La réalité va rester cruelle pour les agriculteurs. En même temps qu’ils vont subir la baisse des soutiens, ils continueront d’être livrés à l’ouverture accrue des marchés mondiaux.

M. Sarkozy est revenu aux plus beaux jours des discours chiraquiens abordant l’agriculture sous le seul angle de la production promettant aux agriculteurs ce qu’il ne peut tenir, à savoir la préférence communautaire qui a été abandonnée par les gouvernements de droite. Oubliant la multifonctionnalité de l’agriculture, le Président de la République tourne le dos à l’identité même du métier d’agriculteur pour le transformer en industriel. Il a oublié les territoires et, développant une vision passéiste  de notre vocation exportatrice, il refuse de fait la relocalisation des productions agricoles au plan mondial comme au plan local pourtant nécessaire pour lutter  contre le réchauffement climatique et la faim dans le monde et les déséquilibres des territoires.

Le président de la République nous a habitué à parler d’autant plus fort qu’il était impuissant à agir. Son discours n’augure rien de bon pour le monde agricole.

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