Attentat de Karachi : la recherche de la vérité ne doit pas être entravée
Le 8 Mai 2002, un kamikaze précipite une voiture chargée d’explosifs sur un bus à Karachi, au Pakistan. 15 personnes sont mortes dont 11 ingénieurs français.
Personne ne connaissait à l’époque les raisons de cet odieux attentat. Durant une longue période la piste des islamistes intégristes est privilégiée. Le Juge Trevidic est en charge de ce volet de l’affaire. Puis, petit à petit, l’hypothèse d’une affaire de retro-commissions à des fins électorales se fait jour. Sur ce volet, le juge Van Ruymbeke est saisi.
Des doutes on glisse vers des suspicions, elles-mêmes alimentées par des comportements suspects et des déclarations sulfureuses. Le financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur est mis en cause. Des proches de l’actuel président de la République sont cités et mis en examen.
Décidément cette affaire est très délicate pour le Pouvoir. Ce n’est pas une interprétation, mais le simple constat des multiples manœuvres politiques qui ont entravé la recherche de la vérité, à commencer par le refus du gouvernement de lever le secret-défense sur les pièces officielles que demandent les juges. La mission d’information parlementaire, présidée par Bernard Cazeneuve, député socialiste de la Manche, avait elle aussi buté sur la même fin de non-recevoir.
Il ne nous appartient pas d’accabler ou de juger. C’est aux magistrats de faire la lumière sur cette affaire pour que justice soit rendue aux victimes et à leurs familles.
Tel est le sens du courrier qu’a adressé Jean-Marc Ayrault au Président de la République pour lui demander la levée du secret-défense et permettre que la justice enquête en toute indépendance. Il y va de l’honneur de l’Etat et de ses institutions.
Lire le communique de Jean-Marc Ayrault