Une proposition de loi UMP en débat cette semaine à l’Assemblée prend prétexte du développement de la formation en alternance et de l’apprentissage pour abaisser l’âge légal de l’apprentissage à 14 ans. La majorité brise ainsi deux principes fondamentaux du code du travail : l’interdiction du travail des enfants et le maintien de la scolarisation jusqu’à 16 ans. Les députés SRC refusent que la jeunesse soit transformée en une main d’œuvre bon marché.
En fait, le gouvernement laisse aux députés de sa majorité les initiatives les plus contestables pour dégonfler les chiffres du chômage sans pour autant créer de nouveaux emplois. De plus, l’apprentissage devra s’ouvrir à l’emploi saisonnier et à l’interim, ce qui ne peut qu’engendrer de grandes difficultés pour l’apprenti et sa famille. On voit de façon évidente que la démarche de la majorité est bien plus une volonté d’utiliser une main d’œuvre bon marché plutôt que de trouver une solution au chômage des jeunes qui atteint des niveaux jamais égalés.
Un dialogue approfondi avec les régions aurait permis de dégager des axes de progrès pour développer l’apprentissage ; mais finalement, le seul message envoyé aux jeunes à travers cette proposition de loi, c’est que pour réussir leur insertion professionnelle ils doivent accepter encore des années de sous-emploi, en stage, en alternance ou dans des dispositifs consacrant des volants de précaires.
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