La désagrégation de l’autorité de l’Etat

Jusqu’où Nicolas Sarkozy va-t-il aller dans la démagogie et l’indécence ? Une nouvelle fois, il a instrumentalisé un terrible fait divers, l’assassinat de la jeune Laetitia à Nantes, pour monter l’opinion contre un prétendu laxisme de la justice. Mais son annonce précipitée de « sanctions », sans connaître les résultats de l’enquête administrative, s’est retournée contre lui, avec une fronde sans précédent des magistrats et des policiers qui n’acceptent plus d’être tenus pour responsables d’une politique qui n’a cessé de les priver des moyens de leurs missions. Symbole d’un Etat qui se désagrège sous les coups de celui qui est censé être son chef. Les députés socialistes ont dénoncé cette grave dérive lors des questions au gouvernement du 8 février.

Les députés socialistes ont exprimé leur  indignation suite aux propos de Nicolas Sarkozy, mettant directement en cause policiers et magistrats dans "l’affaire Laetitia ", alors même que l’enquête administrative n’est pas terminée. En promettant que « ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés », il fait des personnels de justice les boucs-émissaires bien commodes de l’échec de sa politique de sécurité.

Le résultat ne s’est pas fait attendre, avec un appel de deux syndicats de la magistrature au report des audiences dans les tribunaux de grande instance. Parti de Nantes, l’appel fait tâche d’huile et met en lumière cette insupportable relation entre le sommet de l’Etat et l’ensemble des fonctionnaires. Sur la forme le timing est redoutable : alors que Nicolas Sarkozy exige des sanctions pour des serviteurs de l’Etat, il garantit une totale impunité à des ministres qui eux, semblent avoir perdu tout sens de l’Etat.

Sur le fond, c’est une nouvelle occasion de rappeler le manque de moyens criant : la France se place au 37ème rang européen sur 43 pour son budget consacré à ce domaine ! Les députés SRC ont voté contre la mission « Justice » du budget 2011. Ils n’ont cessé de rappeler l’impérieux besoin d’une augmentation du personnel de surveillance, des travailleurs sociaux... Les agents des services pénitentiaires d’insertion et de probation, les SPIP, doivent ainsi suivre en moyenne entre quatre-vingts et cent détenus (135 à Nantes !), alors que leur tâche difficile s’accomplit dans les établissements pénitentiaires mais aussi et surtout en dehors de ceux-ci. Dans ce contexte, une réinsertion sérieuse pour tous les détenus devient impossible, tout comme leur suivi. L’ensemble des professionnels dénonce depuis des mois la paupérisation croissante de la justice et leurs difficultés croissantes à assurer leurs missions. Une triste réalité que le meurtre de Laëtitia vient de nous rappeler.

La fronde de la justice vue par Jean-Jacques URVOAS

Delphine BATHO, députée des Deux-Sèvres : question au gouvernement le 15/03/11 - lire

Claude BARTOLONE: "soutien plein et entier" aux magistrats et policiers 08/02/11 - Lire

Elisabeth GUIGOU :"comprend la colère" des magistrats " 03/02/11 Lire

 

Lien vers le dossier "loi  de programmation et d'orientation de la sécurité intérieure" -  LOPPSI 2

 

 

 

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