Il ne se passe plus une semaine sans que la majorité ne lance un ballon d’essai proposant invariablement un recul social. C’était la fin des 35 heures et de la durée légale du travail sans augmentation de salaire pour Jean-François Copé la semaine dernière. Puis le démantèlement du statut des fonctionnaires pour Christian Jacob il y a quelques jours. Dernier avatar de cette surenchère toujours plus réactionnaire : la réduction des allocations chômage par Pierre Méhaignerie, Président de la Commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale.
L’idée de la semaine est donc de limiter dans le temps les allocations chômage. La majorité montre une nouvelle fois qu’il est plus aisé de lutter contre les chômeurs que contre le chômage. Rappelons qu’une des premières mesures du quinquennat a été la suppression des allocations chômage après deux refus d’offres considérées comme « raisonnables » . C’est un durcissement disproportionné des devoirs qui incombent aux demandeurs d’emploi. Mais le gouvernement y trouve son compte : cela permet de réduire le nombre de chômeurs indemnisés et de faire baisser artificiellement les statistiques. Ce n’est visiblement pas assez pour la droite qui veut maintenant revenir sur le système d’indemnisation (qui ne concerne pourtant que 50, 9 % des demandeurs d’emploi). Or, le Centre d’Analyse Stratégique a remis son rapport au même moment, mettant de fait les choses au clair. Les chômeurs ne sont pas des profiteurs : l’allocation moyenne est de 1 100 euros mensuels sur 324 jours, et plus du tiers des demandeurs d’emploi est en situation de pauvreté.
Si Pierre Méhaignerie semble reculer aujourd’hui devant le tollé suscité par ses propos, se pose néanmoins une question : jusqu’où ira la droite ? A quoi ressemblera le véritable monstre social qu’elle rêve de créer ? Nicolas Sarkozy, qui citait à l’envi le Conseil National de la Résistance, ne finit plus d’en détruire les acquis : travail du dimanche, taxation des indemnités pour accidents du travail, fragilisation de notre système de retraites… Cela pourrait n’être rien en comparaison de ce qui nous attend.