Une nouvelle fois les dirigeants européens montrent leur faiblesse face à la très grave crise de la zone euro. Les mesures de sauvetage en discussion (défaut partiel de la Grèce, renforcement de Fond européen de secours, austérité généralisée) n’offrent pas de parades efficaces aux attaques spéculatives. L’Europe doit sortir de ses colmatages et de ses pisions. Le temps d’une « Europe de combat » est venu, qui défende ses intérêts et son rang. C’est le sens des propositions que défendent François Hollande et les députés socialistes : la mutualisation de la dette (avec la création d’eurobons), la possibilité pour la BCE de financer les dettes souveraines, la création d’une taxe sur les transactions financières, la fixation d’une stratégie de croissance qui accompagne l’effort de réduction de la dette. La secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats, auditionnée mercredi par le groupe socialiste, radical et citoyen, est dans le même esprit. « La solution ne peut être qu’européenne ».
La crise de la zone euro a en effet révélé la médiocrité des gouvernements conservateurs européens. Là où le danger commandait de se souder, ils ont étalé leurs pisions et leur pusillanimité. Les compromis successifs sur la création d’un fond européen de stabilité financière (FESF) puis sur son renforcement ont été a minima et se sont avérés incapables de casser les reins de la spéculation. Le nouveau Conseil européen qui se tient ce mercredi s’oriente dans la même voie. Les oppositions entre l’Allemagne et la France n’ont pas permis d’aller au-delà d’un nouveau colmatage : apurement d’une partie de la dette grecque avec une participation limitée du secteur bancaire, abondement du FESF sans possibilité pour la BCE de prêter aux Etats, appel à des fonds souverains étrangers qui risque de plomber l’autonomie de décision de l’Europe dans les négociations commerciales. Une nouvelle fois, les dirigeants conservateurs de l’Europe ratent le rendez-vous de l’Histoire. Ils font trop peu, trop tard, trop mou.
La facture de cette impuissance, ce sont les peuples européens aujourd’hui qui la payent avec la généralisation des politiques d’austérité qui coupent aveuglément dans les protections sociales, les salaires, les services publics. La réduction des déficits est nécessaire parce qu’elle engage notre souveraineté vis-à-vis des marchés. Mais sans l’accompagnement d’une politique de croissance, sans l’expression d’une volonté politique commune, l’Union se jette d’elle-même dans la spirale endettement, austérité, récession.
L’Europe a besoin d’une complète réorientation. Elle doit cesser de plier le genou devant les marchés et se doter d’une panoplie de combat politique, économique et financier qui lui permette enfin de défendre ses intérêts. Ce projet, c’est celui de François Hollande. C’est aussi celui de la Confédération européenne des syndicats, dont la présidente a été auditionnée mercredi par le groupe socialiste radical et citoyen.