Les cantonales poussent au changement
Les élections cantonales ont exprimé un très fort désir de changement. Les Français ne veulent plus de Sarkozy et l’ont exprimé de toutes les manières possibles : majorité pour la gauche, sanction de l’UMP, vote FN, abstention.
La gauche a partout progressé en voix et en sièges. Aux 58 départements qu’elle dirige, s’ajoutent désormais les Pyrénées Atlantiques, le Jura, la Réunion, et Mayotte, la Loire et la Savoie restant indécis. Avec 36% des suffrages, le Parti socialiste confirme sa place de premier parti de France mais ses alliés d’Europe écologie et du Front de gauche enregistrent également des gains significatifs. C’est le fruit de notre union. Chaque fois que nous avons dépassé nos différences, nous avons gagné. Cette discipline électorale a été particulièrement efficace face au Front national. Les 212 duels du second tour ont tous été remportés haut la main avec de surcroît une participation en hausse.
Plus inquiétante, est la porosité grandissante entre les électorats du FN et de l’UMP. L’enceinte de confinement qui séparait le camp républicain de l’extrême –droite s’est fissurée et produit un magma idéologique où la droite de gouvernement emprunte les thèmes du FN et réciproquement, à tel point que Sarkozy et Le Pen deviennent interchangeables pour une partie de l’électorat conservateur. En 2007, cela avait profité à Sarkozy. On pressent qu’en 2012 c’est Marine le Pen qui en sera bénéficiaire, avec à terme le risque que la droite se réorganise autour d’elle comme cela se produit dans d’autres démocraties européennes (Pays-Bas, Autriche, Italie…).
La droite semble ne tirer aucune leçon de cet électrochoc, ni sur sa politique ni sur sa stratégie électorale. La direction de l’UMP fait penser à la direction de Tepco dans la catastrophe nucléaire de Fukushima. Elle a joué avec le feu et quand la catastrophe arrive, elle affirme que tout est sous contrôle.
Pour la gauche, ce scrutin est un encouragement mais comporte encore un certain nombre d’hypothèques sur le chemin de la présidentielle.
La première concerne l’abstention record.
Il nous faut vaincre la défiance des Français dans la capacité des partis de gouvernement à sortir le pays de son déclin Le sarkozysme a échoué parce qu’il reposait sur le chacun pour soi et l’addition des peurs. Le grand défi de la gauche est de remettre la République à l’endroit, de reconstruire le pacte social pour redonner aux Français l’envie de se dépasser individuellement et collectivement. Concrètement, cela veut dire remettre partout de la justice sociale dans les réformes comme dans la répartition des efforts et des gains. C’est la colonne vertébrale du projet que nous présenterons le 5 avril.
En second lieu, il nous faut construire un dialogue de vérité avec les Français. Nos primaires doivent être l’occasion d’installer nos propositions au cœur du débat politique. La présidentielle a toujours été gagnée par celui qui impose ses thèmes et sa vision.
Enfin il nous faut parachever la construction d’une gauche de solidarité qui assume ensemble toutes les charges du pays, les bonnes comme les mauvaises. Ce que nous faisons dans les collectivités locales doit être exemplaire de ce que nous ferons à la tête de l’Etat.
Les cantonales ont exprimé un rejet de la droite. La présidentielle se gagnera sur l’adhésion.