Les récents sondages donnant Marine Le Pen en tête des intentions de vote au premier tour des élections présidentielles ont sonné comme un coup de tonnerre pour de nombreux républicains. Si le fond nous interpelle, il en va de même de la forme et du caractère parfois discutable des enquêtes d’opinion. C’est dans un souci de transparence et suite aux travaux d’une mission d’information transpartisane que les sénateurs ont adopté à l’unanimité le 14 février dernier une « proposition de loi sur les sondages visant à mieux garantir la sincérité du débat politique et électoral ». Si pour le gouvernement, l'examen de ce texte n'était "pas prioritaire", les députés UMP ont finalement consenti à l'inscrire à l'ordre du jour de la Commission des Lois. Reste à espérer qu'ils ne vident pas le texte de sa substance, comme ils en ont l'habitude.
La proposition de loi adoptée par le Sénat est explicite : « La législation actuellement applicable en matière de sondages n'est pas satisfaisante : en premier lieu, elle ne garantit pas suffisamment la sincérité des sondages à caractère électoral, et plus généralement, politique ; en deuxième lieu, les obligations d'information de la population et des médias sur les conditions d'élaboration de ces sondages sont trop limitées » C’est précisément ce que les députés SRC dénonçaient lors de l’affaire des sondages de l’Elysée. Ils avaient demandé en vain la création d’une mission d’information spécifique. La commission des Lois de l'Assemblée l’avait alors jugée « irrecevable ». Puisque les sénateurs ont pu quant à eux faire le travail, ce texte doit maintenant être inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Les députés SRC ont demandé solennellement au gouvernement de prendre ses responsabilités et d’inscrire le texte à l’ordre du jour. Ce sont finalement les députés UMP qui l'ont fait inscrire en commission des Lois. Reste à voir ce qu'ils feront de ce texte.
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