Peu de Français le savent : certains produits de consommation courante (yaourts, sodas…) vendus Outre-mer ont une concentration en sucre supérieure à celle des même produits de même marque vendus en France hexagonale. Aucune justification objective n’est donnée par les industriels. Alors que l’obésité est en forte augmentation dans les régions d’Outre-mer, nous avons défendu une proposition de loi pour interdire ce genre de pratiques. L'UMP, après l'avoir soutenue en commission des Affaires sociales, a finalement écouté l'industrie agro-alimentaire et rejeté notre texte en séance. Les autres groupes politiques, dont le Nouveau Centre, l'ont soutenu.
Les chiffres de l’obésité Outre-mer sont éloquents. En Guadeloupe, 8,9 % des enfants de 5 à 14 ans souffrent d’obésité et 14 % de surpoids. En Polynésie française, ces pourcentages sont respectivement de 17,6 % et de 14,5 %. De même, l’obésité concerne en Guadeloupe 23 % des adultes et le surpoids 31,7 %. En Polynésie française par exemple, ces taux sont respectivement de 33 % et 34,4 %. Ces taux sont à comparer avec ceux observés dans l’hexagone : l’obésité concerne 16 % des adultes.
Ce sont donc 25 % des enfants et adolescents et plus d’un adulte sur deux qui sont touchés par des problèmes de surcharge pondérale dans les régions d’Outre-mer.
Dès lors, la pratique visant à vendre à ces populations des produits plus sucrés que dans l’hexagone est inadmissible. Il n’existe aucune autorisation délivrée par les autorités sanitaires locales ou nationales autorisant ou justifiant cela. Dans ce texte dont Victorin Lurel est à l’origine, nous proposons :
d’interdire aux industriels de distribuer outre-mer des produits alimentaires dont la concentration en sucre est supérieure à celle du même produit de la même marque vendu en France hexagonale.
qu’un arrêté du ministre chargé de la santé publique détermine le taux de sucre maximal entrant dans la composition de soda
Le projet du gouvernement d’instaurer, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2012, une taxation des boissons sucrées illustre que la lutte contre l’abus de sucre est d’actualité. Après son adoption en Commission des Affaires sociales la semaine dernière, le rejet du texte par la droite en séance publique est curieuse. L'Outre-mer ne saurait être traité avec tant de légèreté ; pour nous, les mêmes normes sanitaires doivent s'appliquer à tous les Français.