La fin de l’année 2009 a été marquée par une importante vague de suicides au sein de France Télécom. Ce phénomène, spectaculaire dans cette entreprise, existait ailleurs, et restait méconnu dans notre pays. C'est dans ce contexte que les socialistes, convaincus qu'au « travailler plus pour gagner plus », il faut opposer le « travailler mieux pour vivre mieux », ont demandé la création d'une mission d'information sur les risques psycho-sociaux au travail. Cette mission, présidée par la députée socialiste Marisol Touraine, rend à présent son rapport.
Lire la contribution des députés SRC à ce rapport
Pour les députés SRC, il semblait fondamental de comprendre le phénomène qui était en train de se développer, de l'analyser en profondeur et d'en tirer les conséquences. Or, ils ont été confrontés à la volonté d’obstruction politique manifeste du gouvernement : demande de mission sans cesse ajournée, indifférence manifeste des élus UMP, remplacement à contre-cœur du rapporteur…
Au final, les propositions de la majorité sont insuffisantes puisqu’elles consistent en l’accompagnement des mesures gouvernementales, qui ne fonctionnent pas ! Les plans d’actions ont été confiés aux entreprises, qui n’ont pas joué le jeu. Sur 230 accords préventifs examinés (parmi les 600 signés depuis 2009), les textes comportant des engagements précis de la direction sont rares et ceux décrivant un plan d’action minoritaires. C’est donc à l’exécutif d’agir et de prendre à bras-le-corps cette question cruciale.
Dans leur contribution à la mission d’information, les députés socialistes avancent des propositions.
Une meilleure connaissance des phénomènes de la souffrance au travail est nécessaire. La création d’un observatoire indépendant doit être débattue.
La question de l’organisation même du travail doit être posée. Pour les socialistes, la reconnaissance de la « valeur travail », si chère à Nicolas Sarkozy, passe d’abord par une plus grande préoccupation des conditions dans lesquelles s’effectue le travail. Responsabiliser le management constitue l’une des premières réponses à apporter. Il importe de créer des formations spécifiques au management dans les écoles et les universités incluant un volet sur la santé au travail, en particulier la santé mentale et la gestion humaine des salariés.
La reconnaissance de la souffrance au travail ne peut être séparée de celle de la réparation. Ainsi, les socialistes proposent la mise en place d’un fonds d’indemnisation des salariés, qui serait alimenté par les entreprises. Leur contribution à ce fonds pourrait être modulée en fonction de leurs résultats en termes de bien-être au travail