Un remaniement aux allures de sauve qui peut

 

Le départ de Mme Alliot-Marie était inévitable. Trop de fautes politiques et personnelles ont paralysé l’action extérieure de la France et terni son image dans le monde entier. 

Mais ce remaniement aux allures de sauve qui peut ne saurait faire oublier le naufrage de la politique étrangère conduite par Nicolas Sarkozy. Face à l’aspiration démocratique des populations arabes, il est apparu comme le dernier défenseur de régimes dépassés au mépris de la volonté des peuples et du combat permanent de notre pays en faveur des droits de l’homme et de la liberté. 

Cette dérive est aussi la conséquence d’une grave désorganisation de l’Etat. En menant une politique personnelle appuyée sur un noyau de conseillers, en courtcircuitant les ministères et l’administration, en attaquant l’action de ses agents, le président de la République a provoqué une rupture sans précédent entre le gouvernement et ses fonctionnaires et jeté la pagaille dans tous les rouages de l’Etat. 

Ni ce remaniement, ni la déclaration improvisée de dimanche soir du président de la République ne peuvent répondre à la profondeur de cette crise. Le problème de la France est désormais à l’Elysée.     

 

  • Réactions au remaniement du gouvernement français

Jean-Christophe CAMBADÉLIS  "L'arrivée d'Alain Juppé est la sanction de l'exercice solitaire de la politique étrangère. Mais, elle vise aussi à contenir François Fillon. La venue de Gérard Longuet tend à émietter un peu plus les centristes et d'en fidéliser une part. L'exfiltration de Brice Hortefeux à l'Elysée, comme conseiller spécial, sanctionne l'échec de la politique sécuritaire mais confirme que Nicolas Sarkozy prépare de l'Elysée sa candidature."
 

Laurent FABIUS "Le remaniement sanctionne surtout un échec complet de politique étrangère et de politique de sécurité (...). Dans ce que vient d'annoncer Nicolas Sarkozy, je n'ai pas entendu grand-chose qui permette d'aller de l'avant." 

 

François LONCLE
"Ce nouvel épisode calamiteux de la gouvernance française montre à quel point le président de la République est personnellement atteint, au moment même où il préside le G20. L'un des aspects majeurs de l'alternance sera de redresser l'image de la France dans le monde" 

 

****

Pourquoi Mme Alliot-Marie doit démissionner

Comme Eric Woerth dans l’affaire Bettencourt, Mme Alliot-Marie n’a pas su ériger une cloison étanche entre sa vie privée, celle de sa famille et ses fonctions officielles. Les nouvelles révélations de la presse montrent qu’il y a trop de mensonges et d’omissions, de mélanges de genres entre les intérêts personnels et familiaux et les fonctions officielles de la ministre. En pleine révolution, la ministre des affaires étrangères et son compagnon M. Ollier lui aussi membre du gouvernement, étaient quasiment en voyage d’affaires en Tunisie. 

Comment ne pas faire le lien entre les multiples accointances de Mme Alliot-Marie avec des personnalités du régime Ben Ali et le soutien que la diplomatie française lui a accordé jusqu’au bout. Comment ne pas rapprocher l’offre de coopération policière faite à l’Assemblée avec son coup de fil à Ben Ali et sa rencontre avec le ministre de l’Intérieur pendant ses vacances tunisiennes.

La diplomatie française a été discréditée par cette affaire mais aussi par son absence d’empathie vis-à-vis des révolutions démocratiques populaires en Tunisie et en Egypte. C’est pour toutes ces raisons que Mme Alliot-Marie doit démissionner afin que la France retrouve une voix sur le plan international. 

Ce comportement montre la nécessité d’adopter rapidement une loi sur les conflits d’intérêt que le groupe SRC continue de réclamer et qui doit s’appliquer à tous les élus de la République. 

Questions des députés socialistes

****

La confusion des intérêts politiques et privés est devenue avec N. Sarkozy un véritable système de gouvernement à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières. Après les voyages de M. Alliot-Marie à bord de jets d’amis du régime dans une Tunisie en pleine révolte où la dictature fait tirer sur la foule, c’est le Premier ministre F. Fillon qui a bénéficié des largesses de Moubarak pour ses vacances privées. Il est urgent de remettre la République à l’endroit, de rétablir une exemplarité, une rectitude de comportement pour les dirigeants de notre pays. Les députés socialistes demandent que soit présenté au Parlement le plus rapidement possible un projet de loi qui mette fin aux conflits d’intérêts à l’intérieur de la République comme à l’étranger.

Le gouvernement ne peut pas demander des efforts aux Français et être le premier à s’en exonérer. Nos ministres ont confondu leurs mandats officiels avec leurs agréments privés. C’est un véritable délitement de l’esprit public qui ruine la crédibilité de la France et accroit la défiance des Français dans leurs institutions.

C’est l’enjeu de la prochaine élection présidentielle : remettre la République à l’endroit, rétablir une exemplarité, une rectitude de comportement pour les dirigeants, qu’ils soient ministres, parlementaires, élus locaux, président de la République ou haut fonctionnaire. En 1997, c’est aussi cette rigueur de comportement, ce respect des règles républicaines qui a permis au gouvernement Jospin de rétablir la confiance dans le pays et de le relancer sur le plan économique et social.

Pour l’heure, il faut en finir avec la République du copinage, des passe-droits et des privilèges. Il est urgent de faire voter une loi qui mette fin aux conflits d’intérêts à l’intérieur de notre pays comme à l’étranger.

Question au gouvernement de Bruno Le Roux le 08/02/11

Questions au Gouvernement :

   Dépêches

Nos expressions

Un nouveau Premier ministre qui incarne la force du travail collectif

Limitation des gros salaires du public: "ce sera fait", affirme Michel Sapin

Jean-Marc Ayrault : « M. Sarkozy est un candidat perdu »

Toutes les expressions

Nos initiatives

Toutes les initiatives
 

Il faut le savoir

Nous les avions alertés, nous avons eu raison…

Lire la suite

 

LeSarkoMètre

Lire le Sarkomètre