La crise grecque a révélé la fragilité de l’Union Européenne. Son manque de réactivité a de fait encouragé la course spéculative et les divergences entre le Président Sarkozy et la chancelière Merkel ont porté un coup dur au couple franco-allemand, moteur de l’Europe. Depuis quelques semaines pourtant, l’Europe semble peu à peu se dégager de ce bourbier. L’idée de coordination des politiques économiques fait son chemin ; de même, la création d’un Fonds de soutien européen est une bonne nouvelle pour la zone euro, qui se doit d’être un espace de solidarité.
Dans ce contexte, le groupe Socialiste, Radical et Citoyen de l’Assemblée a engagé ces dernières semaines une concertation avec les autres partis socialistes et sociaux démocrates européens. Objectif : concevoir les nouveaux instruments de la coopération européenne face à la crise et poser les jalons d’un projet commun pour remettre l’UE sur les rails.
Le groupe Socialiste a ainsi reçu le 2 juin dernier Angelika Schwall-Düren, députée et vice-présidente du groupe SPD au Bundestag, (
lire son intervention) qui est venue partager sa vision de la crise européenne et de la coopération entre nos deux pays. Cette rencontre très franche a permis de renforcer les liens entre les sociaux-démocrates allemands et les socialistes français. La coopération des deux groupes parlementaires sera accentuée : un groupe de travail commun a été chargé d’élaborer des propositions de loi communes relatives à la régulation financière et bancaire qui seront défendues simultanément à l’Assemblée et au Bundestag. La gauche parlementaire française et allemande s’apprête donc à tisser de nouveaux liens, plus approfondis, de nature à surmonter les divergences passées et à construire une solidarité des sociaux-démocrates en Europe.

C’est dans ce même esprit que les députés socialistes ont auditionné le 15 juin le Président du PSE (Parti Socialiste Européen) Poul Nyrup Rasmussen. Cette rencontre a permis d’avancer vers une meilleure intégration de la gauche européenne. Le leader du PSE a notamment plaidé pour la mise en place d’une agence européenne de la dette et d’une véritable fiscalité écologique. S’agissant de la régulation financière, une proposition de loi visant à taxer l’ensemble des transactions financières sera déposée par tous les groupes socialistes et sociaux-démocrates dans chacun des parlements nationaux des Etats-membres de l’Union. Il a donc confirmé et précisé ce qui avait été évoqué avec Angelika Scwhall-Düren : la gauche européenne entre donc dans une nouvelle phase de convergence qui doit permettre de mettre en place les outils nécessaires à une véritable régulation financière au niveau communautaire.
Lire le compte-rendu du 15 juin 2010
Retour au(x) categorie(s) :