L’Europe et la crise grecque : le groupe SRC auditionne Jean Pisani-Ferry, économiste et directeur de la fondation Bruegel

mercredi 29 juin 2011 16h26

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La situation grecque et l’endettement de pays européens posent aujourd’hui un sérieux problème. La crise de confiance ainsi que la remise en cause de la zone euro entretiennent ce climat de permanente tension.  De ce fait, la capacité opérationnelle de l’Union européenne se voit limitée ; l’Union  semble toujours agir avec un temps de retard, sans réelle perspective de long terme ni  aucune politique pragmatique d’anticipation. Les marchés financiers font pression devant cette apparente absence de stratégie sur le long terme. Il devient urgent de recréer un sentiment de sécurité afin d’anticiper et d’absorber les chocs à venir.

 

Alors que la dette de la Grèce représente 160% de son PIB et que sa croissance et sa compétitivité restent très faibles, sa solvabilité apparaît plus qu’improbable. L’encourager à emprunter ne fait que repousser le problème ; les restrictions extrêmement sévères qu’ont à subir le peuple grec ne pourront pas faire sortir la Grèce de l’impasse. La politique de rigueur imposée au pays ne résoudra en rien la crise.On est en train de créer une situation d’opposition et de confrontation entre l’Europe et la société grecque. Car se posera de toute façon la question de la restructuration de la dette grecque. Ne pas anticiper, ne pas envisager la mutualisation de celle-ci, serait dangereux puisqu’on assiste de toute façon à une mutualisation dite rampante, qu’il est de fait nécessaire d’assumer. L’idée de taxer les banques européennes en prenant en compte ce que fut leur déraison, et à la mesure de celle-ci, encouragerait à l’effort collectif.

 

Une baisse du taux d’intérêt est impérative. Faute de décisions durables et pérennes, on assiste à un transfert de la dette privée sur la dette publique. Les banques engagées en Grèce se désengagent progressivement de leurs créances, tandis que les plans de soutien successifs viennent combler les déficits. Ainsi banques et assurances responsables de la catastrophe profitent de ces plans de soutien. Dès lors, ces solutions ne résolvent en rien le problème de fond. On ne pourra sortir par le haut de cette crise sans mutualisation de la dette, via notamment l’instrument des euro-bonds.

 

Il faut prendre en main la politique économique européenne afin d’éviter à l’avenir ce genre de situation. Pousser la Grèce en dehors de la zone euro aurait des conséquences nuisibles pour tous.

 

Sanctionner les banques irresponsables en les faisant contribuer est légitime, et permettrait de mieux contribuer à l’effort collectif. De même affecter une partie des fonds structurels aux pays tels que l’Irlande, le Portugal et la Grèce permettrait d’atténuer les effets de la crise ainsi que de réengager ces pays dans la voix de la croissance.

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