La laïcité : c’est le respect et le dépassement des différences

 

 

A l’initiative de Jean Glavany, le groupe socialiste a organisé le mardi 17 décembre 2015, les cinquièmes rencontres de la laïcité avec la participation de Bernard Cazeneuve, de Bruno Leroux, de Claude Bartolone et du philosophe de l’Islam et de la laïcité Abdennour Bidar. Elles ont donné lieu à un débat particulièrement nourri avec un public jeune particulièrement interrogatif sur l’actualité de la laïcité à l’école, dans le rapport avec l’Islam ou dans possibilité de faire vivre ensemble des citoyens de confessions multiples.

 


5èmes rencontres de la laicité - 16/12/2014 par GroupeSRC

 

La Laïcité est le creuset des valeurs républicaines de liberté et d’égalité. La liberté de croire ou de ne pas croire, de pratiquer ou de ne pas pratiquer. Chacun est libre face à la religion. La laïcité c’est aussi l’égalité des religions face à la loi et face à la république. L’Etat reconnaît leur existence, dialogue avec elles mais n’en privilégie aucune. La laïcité n’exclut pas, elle est protectrice et émancipatrice. Toutes les religions ont droit de cité dans la République mais toutes doivent respecter le cadre républicain. Bruno Le Roux a ainsi appelé à la mobilisation de tous face aux actes racistes, antisémites ou xénophobes.

 

La force de la laïcité, c’est de conjuguer différence et unité. Claude Bartolone l’a répété : « la laïcité ne veut pas dire l’uniformité, mais au contraire l’unité par le rassemblement des différences ». La loi de 1905 reconnaît les différences mais cherche à les dépasser pour permettre le « vivre ensemble ». C’est un défi quotidien dans une société de plus en plus fragmentée et individualiste, où l’idée d’une « unité sans diversité » progresse avec la montée de l’extrême droite comme l’a souligné Abdennour Bidar. L’autre fantasme c’est la « diversité sans unité », c’est-à-dire le communautarisme qui ne permet pas le vivre ensemble. Sans le « vivre ensemble », c’est vivre sans cohésion et sans unité. Bruno Le Roux rajoute que le « repli identitaire et le communautarisme sont la cause et la conséquence du délitement social ».

 

La Laïcité n’est pas l’ignorance mais l’indépendance de l’Etat par rapport aux religions a souligné Bernard Cazeneuve. Le ministre de l’Intérieur rappelle qu’il est aussi ministre des cultes. Cette fonction signifie un dialogue entre les pouvoirs publics et les représentants des cultes qui participe à la volonté républicaine de dépasser des différences, d’unir les citoyens au-delà de leur appartenance. Comprendre le fait religieux participe de la concorde mais ne signifie pas accepter des empiètements  aux principes républicains ou prendre part à ses débats sur l’interprétation des textes sacrés. « L’Islam est aujourd’hui divisé sur de nombreuses questions, c’est aux musulmans eux-mêmes de régler leurs affaires, pas à la République »  Interrogés sur le bienfondé de l’interdiction du voile à l’école qui stigmatiserait les musulmans, Abdennour Bidar et Jean Glavany rappellent avec force que « l’école de la République n’accueille pas des juifs, des catholiques ou des musulmans, mais forme des citoyens libres sans considération d’appartenance. »  C’est dans cette volonté que s’inscrit la charte de la laïcité dans les établissements scolaires et l’enseignement de la morale laïque, mises en place par Vincent Peillon.

 

Dans cette période où l’unité de la République est malmenée par le repli communautaire et les dérives identitaires qui segmentent notre société,  la laïcité constitue un ciment indispensable. L’enjeu d’aujourd’hui est de l’’appuyer sur un projet social qui transcende les différences pour recréer de la cohésion et du vivre ensemble.

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