Bruno Le Roux - Tribunes dans "Les Echos" le 18 décembre 2014

jeudi 18 décembre 2014

Les Echos: « Il faut sauver le transport aérien français »

Les Echos: « Il faut sauver le transport aérien français »
 

Tribune dans Les Echos paru le 18 décembre 2014

 

Quand, en juillet dernier, j’ai accepté la proposition du Premier ministre de me confier la présidence d’un groupe de travail sur la compétitivité du transport aérien français, je n’imaginais pas, alors, à quel point la situation exigeait des mesures urgentes. Disons-le sans détour : dans ce secteur, la disparition d’ici à quelques années d’entreprises qui font la fierté de notre pays est possible. L’impact économique et social des dizaines de milliers d’emplois sacrifiés serait terrible et le symbole, dramatique. Aucun Etat qui prétend tenir une place de premier rang dans le concert mondial ne peut se résigner à voir disparaître ses compagnies aériennes sans tenter d’y remédier. Peut-on imaginer un instant se reposer uniquement sur des transporteurs étrangers pour relier la France au monde ?

 

Nous savons parfaitement ce qui doit être engagé : il est indispensable de desserrer rapidement les contraintes. Allégement des charges, simplification des réglementations, lutte contre les fraudes sociales et fiscales d’une certaine concurrence, mise en place d’une véritable gouvernance de la sûreté… tout doit être entrepris, rien d’accessoire n’est proposé dans le rapport que j’ai remis au Premier ministre.

 

L’État prend déjà ses responsabilités dans le cadre des discussions budgétaires. La suppression de la taxe d’aviation civile pour les passagers en correspondance, première proposition de mon rapport, est ainsi acquise pour moitié dès 2015, intégralement en 2016. C’est une mesure indispensable afin que le hub aéroportuaire parisien demeure compétitif face à ses concurrents européens. De même a été décidée l’accélération du travail de simplification engagé par le conseil supérieur de l’aviation civile, en bénéficiant désormais de l’appui du secrétariat d’État chargé de la Simplification.

 

Je souhaite que cette bataille soit également conduite au niveau européen, pour contrer la concurrence déloyale, idéalement avec nos amis allemands, qui, dans ce secteur aussi, connaissent les mêmes enjeux et partagent la même approche. C’est le message que j’ai personnellement porté auprès de Violeta Bulc, commissaire européenne aux Transports.

De leur côté, les professionnels du secteur sont également très conscients de l’importance du moment et de la nécessité de travailler sans cesse à améliorer la qualité de leurs services, leur compétitivité et la bonne gestion de leurs structures. Ainsi je me réjouis de la signature de l’accord Transavia, qui permettra à notre principale compagnie française de mieux se battre face à la concurrence européenne à bas prix.

 

Il conviendra également de rééquilibrer la chaîne de valeur entre transporteurs et aéroports. Sur ce sujet nous arrivons justement à un moment déterminant avec le début des négociations du contrat de régulation économique entre les compagnies aériennes et Aéroports de Paris. Personne ne peut imaginer que, dans la période, certains acteurs économiques du secteur aillent très bien quand d’autres luttent pour survivre. Ce serait dangereux d’un point de vue économique et cela aurait très rapidement des conséquences industrielles et sociales négatives pour tous. L’activité aéronautique doit pouvoir bénéficier davantage de l’activité commerciale que ses passagers génèrent, comme c’est le cas dans les aéroports du monde entier. Faut-il pour cela en passer par le retour au système d’une « caisse unique » ? La diminution puis la stabilisation des redevances aéroportuaires sont en tout cas indispensables dans cette période ultra concurrentielle. Ce que nous devons assurer, c’est la juste rémunération des efforts et des risques de chacun, condition de la prospérité de tous.

 

Le travail d’amélioration et de consolidation de la compétitivité du secteur ne fait que commencer, mais le mouvement est désormais engagé. Il n’est donc pas trop tard pour sauver le transport aérien français. Ne ratons pas cette chance de préserver et de développer une activité qui continue à faire rêver nos enfants.

Bruno Le Roux
LES DEPUTES NOUVELLE GAUCHE
Mercredi 7 Juin 2017
Olivier Faure invité de France3 à 18H00
Dimanche 11 Juin 2017
Olivier Faure invité de RTL à 20H10
Dimanche 11 Juin 2017
Olivier Faure invité de BFM à 22H30
Mercredi 5 Juillet 2017
Olivier France invité de France Info à 8H30
RESEAUX SOCIAUX

Facebook