Yves Durand : "Rassemblons-nous autour de l’école !"

mardi 15 novembre 2016

 

Rassemblons-nous autour de l’école !

 

Tous les cinq ans, lors des élections présidentielles, l’école redevient un sujet majeur pour les candidats aux plus hautes fonctions de l’Etat. Tous les cinq ans, l’école reprend la place primordiale qu’elle n’aurait jamais dû quitter dans le débat public. Tous les cinq ans, les livres et les émissions sur l’école retrouvent le haut de l’affiche surtout quand il s’agit de la mettre en cause. Tous les cinq ans, l’école de la République qui appartient ainsi à tous les citoyens, devient un sujet de clivage partisan alors qu’elle devrait constituer le cœur du socle républicain dépassant les affrontements partisans, au-delà du rythme des échéances électorales.

 

C’est ce consensus républicain que nous devrions construire. Mais le débat politique est trop dominé par les surenchères politiciennes pour parvenir à rassembler les forces politiques et syndicales autour de l’école. Les primaires de la droite, hélas, ne dérogent pas à la règle.

 

Il est surprenant d’entendre ou de lire dans les propositions de tous les candidats aux primaires de droite concernant l’école que la priorité de la politique éducative doit être donnée à l’école primaire. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette conversion.

 

Alors pourquoi ces candidats, souvent parlementaires, ou l’ayant été, ont-ils combattu la loi de refondation de l’école de la République qui, pour la première fois, affirme et met en œuvre cette priorité à l’école élémentaire ?

 

Dès la campagne présidentielle de 2012, François HOLLANDE a nettement exprimé sa volonté de « mettre le paquet » sur les premières années de la vie scolaire de l’enfant. Cette volonté s’est inscrite concrètement dans la loi sur l’école votée par la seule gauche en juillet 2013.

 

La scolarisation des enfants de moins de trois ans et la place essentielle redonnée à l’école maternelle, les premières années de l’école primaire ont, avec la formation des enseignants, absorbé la grande majorité des 60 000 postes supplémentaires accordés à l’Education Nationale sur cinq ans.

 

Au-delà de ces moyens supplémentaires, c’est la manière d’enseigner qui évolue dans les écoles élémentaires.

 

Quand plusieurs enseignants travaillent ensemble dans une classe, ce travail en équipe permet de suivre les élèves individuellement pour qu’ils acquièrent tous les savoirs fondamentaux nécessaires, nécessité qui, elle aussi, fait consensus.

 

Les enseignants comme les parents mettent en cause la coupure trop brutale entre l’école et le collège parce qu’elle constitue l’une des origines de l’échec de nombreux élèves, entrant au collège, notamment ceux qui sont déjà en difficulté. C’est pour y apporter remède que l’organisation d’un cycle commun entre le CM1, le CM2 et la 6ème tend, malgré les difficultés de sa mise en œuvre à construire une continuité de toute la scolarité obligatoire.

 

Peut- être aurions- nous pu, sur ce point aussi, faire vivre le consensus qui a émergé lors de la concertation de juillet 2012, précédant l’élaboration de la loi sur l’école.

 

Il est dommage que la loi de refondation de l’école dite « Peillon » ait été, dès le début, considérée par la droite comme une rupture avec l’évolution connue précédemment par l’école quels que soient les gouvernements.

 

L’évolution de l’école, depuis les années 1970, montre une volonté commune qui répond à la fois à la nécessité du développement économique et culturel du pays et aux vœux des français d’offrir le savoir à tous les enfants et d’abord aux leurs.

 

La droite a ouvert l’enseignement secondaire au plus grand nombre en créant le collège unique par la loi HABY de 1975.

 

La gauche a instauré les cycles d’apprentissage par la loi JOSPIN en 1989, confirmés par la loi FILLON de 2005, y ajoutant la nécessité de donner à chaque français un socle commun de connaissances et de compétences, socle commun confirmé et précisé d’ailleurs par la loi PEILLON de 2013.

 

La France a, au cours de toutes ces années, au-delà des échéances électorales, construit une école qui a su s’ouvrir à tous les enfants. C’est une extraordinaire réussite dont tous les républicains doivent être fiers. C’est aussi l’ambition de la réforme du collège qui est le dernier maillon de la scolarité obligatoire à la suite de l’école élémentaire. En dépit des difficultés et des crises, l’école a su relever le défi d’accueillir tous les enfants et il faut arrêter de la stigmatiser ainsi que les enseignants qui la servent.

 

Maintenant, il nous faut construire une nouvelle étape, celle de la réussite pour tous.

 

Cela ne passera ni par la compétition politicienne ni par le retour en arrière jouant sur la nostalgie d’une école idéale qui n’a jamais existé.

 

Serons- nous enfin capable de créer un socle républicain autour de l’école ?

 

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Tribune d'Yves Durand, député socialiste de la 11ème circonscription du Nord

 

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