Accès aux soins

mardi 15 novembre 2011 18h26

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Accès aux soins

Jean-Marie Le Guen. Monsieur le Premier ministre, comment se fait-il que, pour votre politique d’austérité, vous cherchiez d’abord à diminuer les moyens de notre politique de santé, prenant ainsi le risque d’affaiblir durablement la médecine française ? Comment se fait-il que vous ayez décidé de faire des malades les coupables des errements de nos finances publiques ?
 

Comment pouvez-vous, en en appelant au courage, que se targuait d’avoir M. Xavier Bertrand tout à l’heure, augmenter le délai de carence pour les salariés français ? En quoi ce Gouvernement, qui va faire payer plus les malades pour les dissuader de se faire soigner, fait-il preuve de courage ?
 

« Travailler plus pour se soigner moins » comme nouveau slogan, monsieur le Premier ministre, est-ce cela que vous proposez aujourd’hui à notre pays ?

Au-delà des difficultés financières dans lesquelles vous plongez notre assurance maladie, que faites-vous aujourd’hui face à la désertification médicale qui ne cesse d’être dénoncée sur tous les bancs de cette assemblée ?

Que faites-vous devant l’explosion des délais d’attente pour des consultations chez les médecins, notamment les spécialistes ?

Que faites-vous pour lutter contre l’explosion des dépassements d’honoraires qui grève aujourd’hui lourdement le budget de nos malades et les conduit à renoncer à se faire soigner ?
 

Dans tous ces domaines, quelle incurie que la vôtre ! Comment faites-vous face à la crise sanitaire qui existe aujourd’hui dans notre pays et qui va se développer dans les années qui viennent ?
 

Contrairement à vous , nous avons fait de l’éducation et de la santé nos priorités !
 

 

Réponse : Xavier Bertrand, ministre du travail, de l’emploi et de la santé.

Comme vous utilisez bien un mot que vous avez tant de difficulté à mettre en pratique, vous les socialistes !  Le courage eût été, entre 1997 et 2007, dans une période de croissance, d’engager les réformes du système de santé. Vous ne l’avez pas fait : manque de courage !
 

Vous demandez ce que nous faisons. Qu’avez-vous fait, vous, quand nous avons décidé de mettre en place l’aide à la complémentaire santé pour que celles et ceux qui travaillent et n’ont pas accès à une mutuelle, trop onéreuse, aient une prise en charge ? Notre majorité a fait ce dispositif : vous ne l’avez pas voté !
 

S’agissant du numerus clausus, qu’avez-vous fait, vous ? Entre 1997 et 2002, vous avez fait du malthusianisme, en décidant qu’avec moins de médecins formés en France, il y aurait moins d’actes, moins de dépenses, moins de déficit.
ujourd’hui, nous sommes en train de réparer les erreurs du passé. Voilà la réalité !
 

Vous n’avez jamais voté les budgets de la santé. En 2007, la France comptait 450 IRM ; à la fin de l’année, il y en aura près de 700. Qu’avez-vous fait ? Vous avez voté contre ces mesures, et d’une manière générale, vous n’avez jamais voté les budgets de la sécurité sociale.
 

Monsieur Le Guen, je sais que, dans vos rangs, c’est à celui qui saura le mieux parler de la santé. Mais ce n’est pas parce que vous ferez de la démagogie dans cet hémicycle que les Français se tromperont. Les maisons de santé pluridisciplinaires, l’accès aux soins, les réformes nécessaires pour conserver notre système de santé, c’est nous qui les avons mis en place, jamais vous.

M. Julien Dray. Ça se voit dans les hôpitaux, d’ailleurs !
 

M. Xavier Bertrand, ministre. Il n’est pas d’usage de poser une question à un parlementaire, mais citez-moi un seul pays où vous préféreriez, vous et les vôtres, vous faire soigner plutôt qu’en France. Il n’y en a pas et le système de santé français, c’est nous qui le protégeons !

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