Affaire Karachi

mercredi 14 décembre 2011

Affaire Karachi

Olivier Dussopt. Monsieur le président, j’aurais aimé au préalable rappeler à M. le ministre de l’agriculture que c’est son collègue M. Barnier qui, au nom du Gouvernement français, avait voté la libéralisation des droits de plantation.
 

Cela dit, je veux surtout réagir aux insinuations scandaleuses de notre collègue du Nord, qui n’a pas craint d’être grotesque en reliant un fait d’actualité à un marché passé, il y a presque quatre ans, le 1er février 2008, par Pierre Mauroy.  A un moment, je me suis demandé s’il n’allait pas évoquer les marchés du tunnel sous la Manche !
 

Ces insinuations sont scandaleuses. Elles montrent, chers collègues de la majorité, que vous avez fait le choix de mener une campagne de caniveau.  L’élection présidentielle vaut mieux que ça. Les Français veulent que l’on parle de leur quotidien, de vos échecs en matière d’emploi, de sécurité et de pouvoir d’achat. Si vous voulez parler de la justice, nous en parlerons également, mais pour rappeler sans cesse notre attachement à une justice indépendante et sereine, qui ne travaille pas sous l’œil et l’influence du pouvoir.
 

Car s’il en est qui ont des comptes à rendre sur leur rapport avec la justice, c’est bien vous, mesdames et messieurs les membres du Gouvernement !
 

C’est vous qui vous intéressez d’assez près à l’affaire Takieddine pour qu’un ancien ministre de l’intérieur se permette d’appeler un de ses amis en garde à vue pour l’informer du contenu de procès-verbaux.
 

C’est vous qui refusez de lever intégralement le secret défense sur l’affaire Karachi et qui refusez que la vérité éclate totalement, alors que, chaque semaine, un proche du pouvoir est placé en garde à vue.
 

C’est encore vous qui vous appuyez sur un procureur zélé pour freiner et délocaliser l’affaire Bettencourt, dès lors qu’une juge d’instruction s’y intéresse de trop près.
 

C’est vous aussi qui avez multiplié les nominations de proches dans les parquets comme dans les grandes cours, parfois contre l’avis du Conseil supérieur de la magistrature, et c’est votre ministre de l’intérieur qui justifie le recours massif aux fadettes et le viol du secret des sources journalistiques, qui donne les procès-verbaux à la presse, voire en organise a diffusion.
 

Le débat sur la justice, qu’il s’agisse de son indépendance ou des moyens dont elle manque cruellement, nous l’aurons devant les Français. En attendant, quand la majorité cessera-t-elle de faire diversion pour éviter de parler du véritable bilan du Gouvernement ?
 

Réponse : Michel Mercier, garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés.

Monsieur Dussopt, on ne peut que profondément regretter la façon partisane dont vous abordez la question de la justice , qui en dit long sur l’idée que vous vous faites de celle-ci. La campagne présidentielle doit être l’occasion de poser les véritables questions, notamment dans ce domaine, afin que les Français tranchent. La façon dont vous le faites, vous, n’est ni digne ni conforme à la réalité.

Vous avez évoqué l’affaire Karachi. Sur ce point, je répondrai deux choses. Tout d’abord, il y a une affaire ; le parquet l’a suivie et, à chaque nouveau développement, il a étendu la saisine des juges.

Ensuite, le Gouvernement a toujours veillé à déclassifier tous les documents nécessaires à la manifestation de la vérité. (« C’est faux ! » sur les bancs du groupe SRC.) C’est vrai ! C’est notre façon à nous de permettre à la justice de travailler dans l’efficacité et la sérénité.

Encore une fois, monsieur Dussopt, la façon dont vous abordez la question n’est pas la bonne. Je regrette que vous ayez choisi cette voie-là alors qu’il en est d’autres que nous pourrions suivre tous ensemble pour mettre en œuvre le grand service public de la justice auquel les Français ont droit.

LES DEPUTES SOCIALISTES, REPUBLICAINS ET CITOYENS
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