Sarkozy 2007
« L'agriculteur veut vivre de son métier d'agriculteur, et l'Europe a besoin de son agriculture pour assurer son indépendance alimentaire. Je veux le dire ce soir à tous les agriculteurs : pour moi l'agriculture ce n'est pas fini. Pour moi l'agriculture ce n'est pas le passé. Pour moi l'agriculture c'est l'avenir ».
Nicolas Sarkozy, Clermont-Ferrand, 27/04/2007
Le bilan
La France n'est plus plus la première puissance agricole en Europe
Ce résultat est le prix d'un attachement aveugle de la droite au marché-roi et de son incapacité à traiter les faiblesses d'unmodèle productiviste intensif qui fait de la France le plus gros consommateur de pesticides d'Europe. Cette politique a accentué un mouvement de concentration des exploitations au mépris de l'aménagement du territoire et renforcé la prédominance des intérêts de l'agroalimentaire sur ceux des agriculteurs. Résultat : à force de refuser l'évolution de son modèle, la France a perdu son leadership européen.
Les crises agricoles se sont succédé. Effondrement des prix du lait l'été 2008, faillites records d'exploitations en 2009, sécheresse au printemps 2011… Chaque fois, le gouvernement a paré à l'urgence sans agir sur le fond. Le revenu des agriculteurs continue inexorablement de baisser (-11% depuis le début du quinquennat) entraînant leur surendettement et la diminution du nombre d'exploitations agricoles. La majorité a pourtant refusé notre demande de mission d'information sur l'évolution des revenus agricoles.
La transition vers une agriculture durable est au point mort,alors même que le Grenelle de l'environnement a pour objectif que la surface agricole utile en agriculture biologique soit de 6 % en 2012 et de 20 % en 2020. La réforme de la PAC d'après 2013 doit être l'occasion d'un développement plus durable, prenant en compte des objectifs d'emplois, de sécurité alimentaire, d'environnement, de territoire.
Les principales mesures
- La loi libéralisant les OGM (mai 2008) a été adoptée aux forceps après avoir été rejetée une première fois par l'Assemblée. Les mises en culture autorisées ne présentent pas d'avantages décisifs sur le plan économique et posent de graves questions sur le plan de la santé et de l'environnement.
- Le bilan de santé de la PAC(novembre 2008) ouvre la voie d'une agriculture soumise au marché. Les mesures emblématiques sont la fin des quotas laitiers pour 2015 et la libéralisation du marché viticole en 2018. Effet redouté : forte augmentation de la production européenne dans les régions compétitives, suivie d'une baisse des prix et d'une concentration des productions dans les régions les plus dynamiques.
- Plan d'aide à la filière agricole (novembre 2009) : prêts de reconstitution de fonds de roulement, prêts bonifiés de consolidation, allègements de charges financières et sociales, nomination d'un médiateur. Ce plan traite les symptômes, mais pas les causes de la crise.
- La loi de modernisation agricole(juillet 2010) fait d'une bonne idée, la contractualisation entre les agriculteurs et les professionnels de l'agro-alimentaire, un piège. Le choix du contrat, individuel plutôt que par filière, renforce la tutelle de l'agroalimentaire qui peut choisir de ne pas travailler avec telle ou telle exploitation jugée moins rentable que les autres. Le texte acte aussi le désengagement de l'Etat en matière de solidarité agricole. Chaque agriculteur doit désormais souscrire une assurance-risque pour être couvert.
Les chiffres-clés
> 20000 exploitations ferment chaque année en France.
> Le revenu des agriculteurs a baissé en moyenne de 11 % pendant le quinquennat avec une année noire en 2009 (-34%).
Ils ont osé le dire
« L'environnement ça commence à bien faire » N. Sarkozy au Salon de l'agriculture, 06/03/10.
Ce que nous avons empêché
La surproduction et la surpollution des élevages porcins. Aux termes d'un amendement UMP à la loi de modernisation agricole, il aurait été possible de créer sans autorisation des élevages de 750 truies. Une telle disposition aurait entravé l'amélioration de la qualité des eaux et rendu encore plus complexe la lutte contre les algues vertes.
Les engagements de François Hollande
« Je défendrai un budget européen ambitieux pour l’avenir de l’agriculture dans sa diversité, en particulier l’élevage, dans le cadre de la révision de la politique agricole commune. J’encouragerai la promotion de nouveaux modèles de production et de l’agriculture biologique. Je donnerai aux producteurs les moyens de s’organiser pour rééquilibrer les rapports de force au sein des filières face à la grande distribution. Je garantirai la présence des services publics locaux dans le monde rural. J’assurerai la protection de notre économie maritime