Cohérence de la politique du Gouvernement

mercredi 22 février 2012 17h55

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Bruno Le Roux. Monsieur le Premier ministre, vous n’avez ni mémoire, ni courage. Vous venez de mentir aux Français pour vous donner ce semblant de courage et pour susciter des applaudissements non mérités.

Le 23 juin 1992, vous n’avez pas eu le courage, malgré ce que vous dites, de voter contre le traité de Maastricht. Vous avez simplement eu le courage de ne pas participer au vote. Et vous venez aujourd’hui nous donner des leçons !  Nous tenons à la disposition des Français le procès-verbal de la séance. (M. Bartolone brandit ce procès-verbal.) Une nouvelle fois nous vous prenons en flagrant délit de soumission, de reniement et de mensonge aux Français.

 

Mensonge aussi lorsque vous affirmez – c’est ce que vous avez dit hier – que le pouvoir d’achat des Français allait encore augmenter de 6 %. C’est totalement faux ! En effet, il n’a augmenté que de 2 % depuis 2007 et il va continuer à baisser, en 2012, sous l’effet des hausses d’impôts et de la TVA sociale.

 

Il faut que les Français sachent que, pour un salaire moyen, c’est une semaine de travail qui va être donnée à l’État au titre de la TVA sociale, soit cinq jours sur une année.

 

Or dans le même temps, les patrons du CAC 40 s’accordent 34 % d’augmentation.

 

On voit bien là le sens de votre politique : toujours l’austérité pour les Européens, toujours l’austérité pour les Français, toujours l’austérité pour les classes moyennes et les classes populaires, toujours plus pour les patrons et les plus privilégiés.

 

Monsieur le Premier ministre, allez-vous cesser enfin de mentir aux Français, et d’abord sur votre propre comportement ? Vous avez ajouté aujourd’hui ici l’indignité à la soumission !

 

Enfin, s’agissant de la question du pouvoir d’achat, allez-vous enfin dire la vérité ? En 2012, une fois de plus, ce sont les Français qui devront payer votre facture.

 

Réponse : François Baroin, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie.

Monsieur le député, ne vous laissez pas emporter par les mots qui s’additionnent en tentant de faire des phrases qui en réalité n’aboutissent qu’à la même impasse, celle de votre non-choix et de votre abstention.

 

En vous écoutant, j’imaginais Pierre Mendès France qui évoquait, dans cet honorable hémicycle je crois, sa conception de la gouvernance. Gouverner, c’est choisir disait-il. En vous écoutant un peu plus, je me remémorais aussi un propos de Gide qui disait : choisir, c’est renoncer. En vous écoutant complètement, j’imaginais que malhabilement vous aviez fondu les deux idées et que vous étiez arrivé à la conclusion que gouverner c’est renoncer.

 

Par votre vote, par votre absence de choix (M. Emmanuelli brandit à son tour le procès-verbal), par votre renoncement sur cette question essentielle du mécanisme européen de stabilité, vous faites la démonstration, comme l’a fort opportunément rappelé le Premier ministre, non pas simplement d’un calcul électoral de petite boutique à quelques semaines d’une respiration démocratique, mais que vous n’avez pas mesuré, ni lu ni compris les enjeux. Aucun responsable socialiste en Europe n’a votre comportement, aucun responsable socialiste en Europe n’accepte d’aller sur la ligne de crête qui consiste à dire que pour faire des voix dans les meetings électoraux, il faut augmenter les dépenses et les postes de fonctionnaires.

 

J’ajoute que le traité porte un pilier de croissance. M. Ayrault parle du message subliminal que votre groupe veut adresser à travers son abstention, à savoir faire bouger les lignes sur la croissance. Or c’est justement la discipline, la consolidation budgétaire, la solidarité européenne et ce que nous avons fait la nuit dernière pour sauver la Grèce, sauver l’euro et donc sauver l’unité de notre zone monétaire qui sera constitutif des éléments de croissance. Mais de cela, vous ne voulez pas en entendre parler. Vous le mettez de côté et vous l’avez d’ores et déjà oublié.

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