
Dépendance
Christian Hutin. Ma question s’adresse à Mme Michèle Delaunay.
En février 2011, le président Sarkozy annonçait – on ne peut pas lui en vouloir – le risque que courait notre pays avec le vieillissement de sa population. Dans le même temps, il annonçait le dernier chantier social de son quinquennat : le projet de loi sur la dépendance.
Je ne vais pas critiquer ce chantier, car de chantier, il n’y en eut point, au grand dam, et Marisol Touraine l’a rappelé, des assureurs privés. Vous avez tort de tonner, chers collègues de l’opposition, car ce chantier, que nous allons réaliser, intéresse tout le monde.
Il intéresse l’ensemble des citoyens français, tous ceux qui nous regardent, nos proches, nos familles. La moyenne d’âge de cet hémicycle est de cinquante-quatre ans : cela nous intéresse donc également.
C’est un défi qui est à relever, le défi d’une nation qui doit être éthique, morale. Je me permets de rappeler que la manière dont nous traitons nos anciens permet de mesurer si une nation est extraordinaire ou non.
C’est éthique et moral.
Le défi sera intergénérationnel. C’est également le défi de la santé publique. C’est tout au long de la vie qu’il faut le suivre du plus jeune au plus ancien.
Et pourquoi ne pas le dire, cela sera aussi une manière de créer des emplois, pour les plus jeunes. Nos anciens créeront des emplois pour les plus jeunes.
Je me rappelle une chanson de Jacques Brel – j’entendais notre collègue Bertrand – en 1963. J’avais deux ans à l’époque – en 1968, je jetai donc assez peu de pavés. La chanson parlait de la pendule qui ronronne dans la cuisine des vieux La pendule de Nicolas Sarkozy a dit non la pendule d’un autre pourrait dire oui. Maintenant, on vous attend, madame la ministre.
Réponse : Michèle Delaunay, ministre déléguée chargée des personnes âgées et de l’autonomie.
Vous avez raison, monsieur le député,
nous ne pouvons pas méconnaître plus longtemps le bouleversement radical que constitue l’allongement de la vie. Vous l’avez noté, la réforme de la perte d’autonomie est d’ores et déjà inscrite dans la loi de financement de la sécurité sociale.
Ce que nous allons faire, aucun gouvernement dans aucun pays ne l’a fait. Une loi portant une vision globale du champ de l’âge, de la fin de la vie professionnelle à la fin de la vie. C’est une loi complète en trois volets – une loi AAA –, que nous construisons dès aujourd’hui.
Premier A : Anticipation et prévention, avec la mise en place d’un calendrier de santé permettant le dépistage et la palliation des petites pertes d’autonomie et des fragilités. La dépendance n’est pas si inéluctable, elle dépend de nous et nous y travaillons. Et c’est plutôt une bonne nouvelle.
Deuxième volet : Adaptation des logements, de l’urbanisme, des modes de déplacement à l’allongement de la vie.
Troisième volet : Accompagnement des personnes âgées qui en ont besoin, par l’aide à domicile pour laquelle nous débloquons aujourd’hui même cinquante millions d’euros ; diminution du reste à charge en établissement, qui plombe trop souvent le budget des familles, et renforcement du personnel en établissement, pour lequel aujourd’hui aussi nous débloquons 147 millions d’euros.
C’est, monsieur le député, une grande cause pour notre Gouvernement que la cause de l’âge. Plus n’est besoin d’épiloguer sur les cinq années de promesses et d’annonces du gouvernement précédent, qui n’ont abouti qu’à la décision de ne rien faire du tout. Nous sommes au travail et nous vous en donnons les preuves.