Distribution des médicaments

mercredi 23 novembre 2011

Catherine Lemorton. Avant de poser ma question à M. le ministre du travail, de l’emploi et de la santé, je veux lui rappeler les chiffres suivants : 500 milliards d’euros de dettes en plus, c’est vous ! 75 milliards d’euros de cadeaux fiscaux, c’est vous ! Et 10 % de chômeurs en plus, c’est vous ! C’est pourquoi je vous demande de reprendre votre calme pour écouter ma question et être en mesure d’y répondre sans vous énerver.
 

Monsieur le ministre, le 22 septembre dernier, lors du congrès des buralistes, votre collègue Bruno Le Maire a évoqué de nouvelles pistes de diversification pour les débitants de tabac. Parmi elles, une mesure a particulièrement retenu l’attention du groupe socialiste, radical et citoyen, tant elle nous a semblé en complète contradiction avec les objectifs de santé publique que le Gouvernement affirme vouloir défendre.
 

Il s’agit en effet de proposer la distribution de médicaments d’usage courant aux débitants de tabac. Monsieur le ministre, imaginez demain un client venant acheter son paquet de cigarettes et prenant, dans le même temps, un sirop contre la toux – une toux potentiellement causée par la consommation de tabac !
 

Monsieur le ministre, à l’heure où le scandale du Mediator met en avant les carences de notre système de pharmacovigilance, où le dossier pharmaceutique se développe dans notre pays et permet un suivi de la consommation de médicaments des patients, où un accord entre l’Agence du médicament et l’ordre des pharmaciens vient d’être signé pour informer encore plus rapidement les pharmacies des retraits et rappels de lots défectueux de médicaments nous sommes abasourdis par les propos de M. Le Maire. Le problème, c’est que ces propos ont été tenus par le coordinateur du projet pour le futur candidat de l’UMP.

Doit-on y voir l’une des propositions phares en termes de santé publique que Nicolas Sarkozy défendra lors de la campagne de 2012 ?
 

Monsieur le ministre, qui doit-on croire ? Vous, ministre de la santé, qui défendez, la main sur le cœur, un renforcement de la sécurité sanitaire des médicaments, ou M. Le Maire, ministre de l’agriculture qui, apparemment, ne sait pas ce qu’est un médicament ?  En tout état de cause, il y a cafouillage au sein de la majorité dans son programme !

 

Réponse : Xavier Bertrand, ministre du travail, de l’emploi et de la santé.

Madame la députée, je ne sais pas à quelle question je dois répondre : à la question sérieuse, ou aux deux autres qui le sont beaucoup moins ? À celles qui cherchent à susciter la polémique, ou à celle appelant une réponse sérieuse ?

Mme Catherine Lemorton. Comme toujours, vous allez vous arranger pour ne répondre à rien !

M. Xavier Bertrand, ministre. Ne vous énervez pas, madame Lemorton, le sujet n’en vaut pas la peine !
 

Pour ce qui est de la vente de médicaments, vous ne serez pas surprise par ma réponse puisque – ce n’est pas un secret – vous étiez avec moi à Bordeaux il y a quelques semaines lors d’un congrès pharmaceutique important. Vous étiez même au premier rang, mais rassurez-vous, je ne dirai à personne que vous avez applaudi certains propos.

Mme Catherine Lemorton. Bien sûr !
 

M. Xavier Bertrand, ministre. Je vais répéter, en revanche, ce que j’ai dit devant vous lors de ce congrès : le médicament, qui n’est pas un produit comme les autres, a vocation à être vendu dans les officines pharmaceutiques – mais je ne vous apprends rien. Le médicament n’est pas un produit comme les autres, ce n’est pas un bonbon : sa vente doit s’accompagner de conseils délivrés dans l’officine, par le pharmacien et par personne d’autre.
 

Cela étant, si vous êtes, comme nous, attachée à l’avenir des officines pharmaceutiques, il faut que vous votiez l’article 39 du PLFSS…

Mme Catherine Lemorton. Nous l’avons voté !
 

M. Xavier Bertrand, ministre. …et l’ensemble du PLFSS, qui va apporter les garanties nécessaires à la profession de pharmacien. La politique ne consiste pas à trier les dispositions pour ne retenir que celles qui vous arrangent et sont susceptibles de vous rendre populaire : pour moi, être sérieux, c’est assumer l’ensemble d’une politique, dans le domaine de la pharmacie comme dans d’autres !  Nous souhaitons, pour notre part, un véritable avenir pour l’officine, seul endroit où les médicaments doivent se vendre.
 

Enfin, pour compléter l’énumération par laquelle vous avez commencé votre question, je vous en suggère deux autres. Qui fait le plus pour les Français en matière de projets politiques ? C’est nous ! Qui tient les propos démagogiques ? C’est vous !

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