Éducation nationale
Valérie Fourneyron. Monsieur le ministre de l’éducation nationale, vous ne cessez, depuis des mois, de répéter le même discours formaté, que vous venez de tenir une énième fois en réponse à nos inquiétudes, à celles des enseignants, des parents d’élèves, des Français, sur l’avenir de l’Éducation nationale.
À vous entendre, les socialistes seraient les seuls à ne pas comprendre votre logique de suppressions de postes ou votre politique. Comment expliquez-vous, dans ce cas, que l’Association des maires de France qui n’est pas spécialement connue pour son soutien aux socialistes, avec votre ami Jacques Pélissard à sa tête, demande aujourd’hui qu’il soit mis fin aux suppressions de postes ?
Je cite l’AMF : « Les maires font part de leur vif mécontentement au regard de la réduction de 8967 postes de personnels enseignants du premier degré en 2011. Elle aura pour conséquence la suppression de 1500 classes en milieu rural comme en milieu urbain alors que 4900 nouveaux élèves sont attendus. »
Dans ma circonscription de Rouen comme partout en France, nous ne comptons plus les sollicitations des organisations syndicales ou des parents inquiets pour l’avenir de leurs enfants. L’Association des maires de France vous prie de ne plus continuer à supprimer des postes dans le primaire. Les socialistes vous le répètent depuis plusieurs années : vous êtes en train de détruire le premier service public de France.
L’éducation doit redevenir la grande cause nationale qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. Le parti socialiste s’engage à revaloriser le rôle des enseignants, à faire de l’école un moyen de justice sociale et non d’inégalité, inégalité que le Gouvernement accroît chaque année davantage, avec plus de 100 000 suppressions de postes depuis 2003. Monsieur le ministre, arrêtez-vous ! Voir la vidéo
Réponse : Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative.
Madame la député, nous allons voir qui, de vous ou de nous, lutte contre les inégalités à l’école.
Qui a mis en place l’accompagnement éducatif qui permet d’accueillir un million de collégiens pour le soutien scolaire et l’aide aux devoirs ? Cette majorité et ce gouvernement !
Qui a mis en place deux heures par semaine d’aide à la lecture pour les enfants du primaire qui rencontrent des difficultés ? Ce n’est pas vous, mais ce gouvernement, soutenu par cette majorité.
Qui a mis en place – puisque vous parlez de justice sociale – une politique volontariste qui permet d’accueillir aujourd’hui, dans le système ordinaire, 45 % d’enfants handicapés de plus qu’il n’y a cinq ans ? Ce n’est pas vous, c’est cette majorité et ce gouvernement.
Qui est en train d’engager une politique sans précédent de lutte contre le décrochage scolaire, sujet sur lequel vous n’aviez rien fait ? C’est cette majorité et ce gouvernement, par une politique de personnalisation : chaque élève qui décroche sera repéré et se verra proposer une solution.
Madame la députée, je sais que vous êtes entrée en pré-campagne, mais nous, nous travaillons, nous répondons aux problèmes des Français, nous rénovons le système éducatif afin qu’il redevienne une chance pour chaque Français. Continuez à faire de la politique pendant que nous continuerons à travailler !