Dysfonctionnements des services publics
Jean-Pierre Balligand. Ma question s’adresse à M. le Premier ministre.
À partir du 19 décembre, vous avez pu le voir à la télévision, le département de l’Aisne a été le centre de plusieurs épisodes neigeux, qui ont aussi concerné tout le tiers nord de la France. La neige a bloqué de nombreuses personnes chez elles pendant plusieurs jours, jusqu’au 3 janvier. Ensuite, un épisode pluvieux, combiné à la fonte rapide de la neige, a entraîné les inondations que nous connaissons.
Au-delà de la demande de solidarité de tous ces territoires, je voudrais appeler l’attention du Gouvernement sur les graves dysfonctionnements qui sont apparus pendant cette crise. Dysfonctionnements d’abord sur la route, plus précisément sur la route nationale 2 Paris-Bruxelles. Et, alors que nous sommes en Picardie, le commandement est à Reims – RGPP et économies obligent ! – et le commandement suprême à Lille. Personne ne connaissait le département de l’Aisne ! Dans cette affaire, c’est, bien sûr, le problème de la RGPP et de la diminution des moyens qui est posé.
Par ailleurs, le dysfonctionnement a été total sur la voie ferrée, Paris-Laon-Hirson et Paris-Saint-Quentin. La raison est simple : il n’y a plus d’agents de catégorie B et C sur les routes ni sur les voies ferrées.
Ces dysfonctionnements, graves en ce qu’ils isolent de plus en plus les populations des départements ruraux, appellent à une remise en questiondes politiques que vous avez mises en place. Nous vous demandons de remettre rapidement des moyens au service de ces populations.
Réponse : Thierry Mariani, secrétaire d’État chargé des transports.
Monsieur Balligand, je ne crois pas qu’il y ait des problèmes de RGPP en Belgique, en Grande-Bretagne ou en Allemagne : pourtant, ces pays ont, eux aussi, connu des problèmes lors de l’épisode neigeux. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP. - Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) L’honnêteté consiste à dire qu’il ne s’agit pas d’une question de moyens, mais d’organisation au service des usagers.
Nous avons réuni hier, avec Nathalie Kosciusko-Morizet et Frédéric Lefebvre, une table ronde, suite aux intempéries du mois de décembre, afin d’arrêter des mesures précises pour améliorer l’organisation des transports durant ces périodes de crise. Nous avons tiré des leçons sur les dysfonctionnements constatés au niveau des routes et des voies ferrées.
Je voudrais simplement évoquer quelques-unes des dix propositions qui ont été faites : premièrement, renforcer les échanges entre la météo et les PC de zones pour que la coordination sur les routes soit meilleure ; deuxièmement, définir les voies de bus prioritaires pour le déneigement ; troisièmement, fiabiliser, par exemple, le matériel roulant ferroviaire, qui aujourd’hui est insuffisamment préparé aux conditions hivernales ;quatrièmement, renforcer les capacités de l’infrastructure ferroviaire. Enfin, comme l’a dit le Président de la République, l’absence d’informations a donné l’impression à certains de nos concitoyens qu’ils étaient abandonnés. Aussi, il faut renforcer tout ce qui, dans le ferroviaire ou dans le routier, peut développer l’information en situation de crise. On peut comprendre qu’en cas d’intempéries, il y ait des problèmes, mais pas qu’une partie de la population, sans informations, se sente abandonnée.