Affaires étrangères
Sarkozy 2007
« Je ne transigerai pas avec les valeurs de notre pays, son indépendance et ses alliances. Je souhaite que la France pèse sur la scène mondiale et assume sa responsabilité dans la gestion des conflits mondiaux (...) Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l'homme au nom de nos intérêts économiques »
Programme du candidat Sarkozy
Le bilan
Une diplomatie erratique
La politique extérieure de Nicolas Sarkozy aura été un écheveau de contradictions.Le « libérateur » des infirmières bulgares est le même qui a réhabilité Kadhafi avant d'aider les révolutionnaires libyens à le renverser. Le « médiateur » du conflit russo-géorgien est celui qui a entériné l'occupation russe. Le fondateur de l'Union pour la Méditerranée s'est appuyé sur Ben Ali et Moubarak qu'il a soutenus jusqu'au bout contre « le printemps arabe ». Le pourfendeur de la Françafrique en a maintenu tous les réseaux, avec le discours de Dakar comme triste symbole. Le candidat qui brandissait la bannière des Droits de l'Homme l'a systématiquement repliée face aux puissances jusqu'à supprimer le ministère censé les défendre.
Une altération de la crédibilité et des intérêts de la France.Spécialiste du cavalier seul, N. Sarkozy n'a pas noué d'alliances solides qui permettent à la France de peser sur les grands dossiers. Ses initiatives ont davantage contribué à la cacophonie européenne, même quand elles étaient légitimes (interventions en Libye ou en Côte d'Ivoire). Cette diplomatie brouillonne a épuisé le Quai d'Orsay, soumis par ailleurs à une paupérisation sans précédent de ses moyens.
Fasciné par le modèle américain, il en a partagé les errements : réintégration dans le commandement militaire de l'OTAN, suivisme en Afghanistan, interventionnisme tous azimuts. Cet alignement atlantiste a obéré l'autonomie de la France au moment où les cartes du monde étaient en train de se rebattre. Quant aux relations avec les nouvelles puissances, elles ont oscillé entre cynisme politique (Russie), servilité commerciale (Chine), incompréhension (Turquie) ou faux semblants (Brésil, Inde).
Les principales mesures
- Décembre 2007 : réception en grandes pompes du colonel Kadhafi à Paris. La réhabilitation d'un dictateur ubuesque, responsable d'attentats terroristes, est une souillure morale et politique pour la France. Elle n'en tirera même pas les bénéfices économiques invoqués : les mirobolants contrats, annoncés au sortir de la tente du Colonel plantée dans les jardins de la République, ne seront jamais concrétisés.
- Juillet 2008 : lancement de l'Union pour la Méditerranéedont les piliers sont le Tunisien Ben Ali et l'Egyptien Moubarak, invités d‘honneur avec le Syrien Bachar Al Assad, du défilé du 14 juillet. Ce projet d'instaurer un espace de coopération entre les trois rives de la Méditerranée ne se concrétisera pas faute de pouvoir proposer la moindre approche commune sur les grands dossiers : le conflit du Proche-Orient, le contentieux du Sahara occidental, l'adhésion de la Turquie à l'UE.
- Septembre 2008 : renforcement des troupes françaises en Afghanistan.Les députés socialistes s'y opposent vigoureusement.
- Mars 2009 : retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN, qu'elle avait quittée en 1966 avec De Gaulle. Les députés socialistes votent contre.
- Juin 2009 : suppression du secrétariat d'Etat aux droits de l'Homme.
- Janvier-mars 2011 : Printemps arabe,la France soutient Ben Ali et Moubarak contre l'insurrection de leurs peuples. On découvre à cette occasion les conflits d'intérêts de la Ministre des Affaires étrangères avec des proches du régime Ben Ali.
- Avril 2011 : Intervention aérienne de la France et de l'Angleterre en Libyepour empêcher l'écrasement de l'insurrection. Les députés socialistes votent en septembre pour la prolongation de l'intervention.
- Mai 2011 : Intervention des troupes françaises en Côte d'Ivoirepour dénouer le conflit Ouattara/Gbagbo. Les socialistes ont reconnu la légitimité de l'élection du président Ouattara.
Les chiffres-clés
L'aide publique au développement versée par la France n'a cessé de baisser depuis 2002 selon l'OCDE. Elle représente0,47 % du PIB.
Ils ont osé le dire
« Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. Dans (son) imaginaire où tout recommence toujours il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès»
Nicolas Sarkozy, Dakar, 26/07/07
« Je pense que j'ai eu tort de demander un secrétariat d'Etat aux Droits de l'homme. C'est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l'homme et la politique étrangère d'un Etat, même en France»
Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, Le Parisien, 10/12/08
« Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type »
Michèle Alliot-Marie, Assemblée nationale, 11/01/11, alors que vient de commencer la révolution de Jasmin en Tunisie.
« Ils font courir des risques aussi à beaucoup de nos forces armées qui, du reste, sont détournées de leurs missions principales"
Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, Europe 1, 17 janvier 2010 à propos des journalistes pris en otage en Afghanistan.
« Nous avons déjà dépensé plus de 10 millions d'euros pour nous occuper de cette affaire »
Général Jean-Louis Georgelin, chef de l'état-major, Europe 1, 21 février 2010.
Ce que nous avons soutenu
L'intervention aérienne en Libye.Elle a permis d'éviter l'écrasement des insurgés et mis fin à la dictature ubuesque du Colonel Kadhafi.
La légitimité de l'élection du Président Ouattara en Côte d'Ivoire.Elle a été reconnue par l'ONU et l'ensemble de la communauté internationale et a permis d'engager un processus de réconciliation nationale après 10 ans de guerre civile larvée.
Les engagements de François Hollande
« J’engagerai un retrait immédiat de nos troupes d’Afghanistan : il n’y aura plus de troupes françaises dans ce pays à la fin de l’année 2012. Je prendrai des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’État palestinien. »
« Je développerai la relation de la France avec les pays de la rive sud de la Méditerranée sur la base d’un projet économique, démocratique et culturel. Je romprai avec la « Françafrique », en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité. Je relancerai la francophonie. Je prendrai les mesures nécessaires pour accompagner nos compatriotes établis hors de France, notamment en matière d’enseignement, en fonction de leurs revenus. »
« Je soutiendrai la mise en place d’une Organisation mondiale de l’environnement et d’une véritable gouvernance de la mondialisation autour du G20, des organisations régionales et des Nations unies. Je resserrerai nos liens avec les grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil...). J’agirai pour une aide accrue aux pays en développement et pour un renouveau du multilatéralisme. Je plaiderai pour une réforme de l’ONU, notamment l’élargissement du Conseil de sécurité, au sein duquel la France gardera son siège et son droit de veto »