Fiche bilan : Défense

mercredi 15 février 2012 11h39

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Défense
 
Sarkozy 2007
 
« Ma présence parmi vous atteste de mon engagement à faire de la modernisation de la doctrine et de l'outil de défense un axe majeur, fondamental, du quinquennat qui s'annonce. »
Nicolas Sarkozy, Journée UMP de la défense, 07/03/07
 
 
 
Le bilan
 
Un chef des armées sans carte d'état-major
 
 
 
Une confiance distendue avec l'armée. La multiplication des engagements de la France dans des conflits armés a mis en lumière le hiatus entre l'effort demandé aux militaires et l'amenuisement des moyens qui leur sont octroyés. La réforme de la carte militaire et la RGPP ont ébranlé la défense nationale en élaguant effectifs, casernes et matériels. Il manque 25 milliards pour moderniser notre outil de défense d'ici à 2020 comme le prévoyait le Livre blanc.
 
 
 
La rupture d'un consensus national ancien et solide. Le retour dans le commandement intégré de l'OTAN a ébranlé 50 ans d'efforts de la France pour garder son autonomie de décision militaire et sa voix originale dans le concert des nations. Aucun avantage n'a été retiré de cet alignement. L'Amérique ne partage pas le commandement de l‘alliance. En Afghanistan la France suit, en Afrique elle supplée. Quant au pilier européen de défense, il est tombé dans les oubliettes, conséquence d'une absence de vision commune.
 
 
 
Des contradictions stratégiques. N. Sarkozy a commencé par recevoir en grandes pompes le Colonel Kadhafi avant de devenir le meilleur soutien de la révolution. Il a soutenu les régimes autoritaires tunisien et égyptien avant de se rendre à l'évidence du « printemps arabe ». Il est aussi le Président qui a multiplié les engagements militaires sans fin. En Afghanistan, au Liban et au Tchad, la France est enlisée dans des conflits interminables qui n'ont plus de justifications au regard de leur coût humain et politique. La totale centralisation des décisions à l'Élysée, le refus de tout débat national sont pour une part responsables de ces impasses. La « modernisation » de notre doctrine de défense semble s'arrêter à l'ère Bush avec sa vision simpliste (le Bien contre le Mal), son ennemi absolu (le terrorisme) et son interventionnisme ruineux.
 
 
 
Les principales mesures
 
- Mai 2008 : le Livre Blanc de la Défense reprend les principaux concepts stratégiques de l'administration Bush tout en préconisant paradoxalement la réduction des opérations extérieures.
 
 
 
- Septembre 2008 : le renforcement des troupes en Afghanistan contredit l'engagement électoral de N. Sarkozy et met la France en première ligne de la guerre à la demande des Américains. Les députés socialistes ont voté contre.
 
 
 
- Février 2009 : l'intervention des forces armées est prolongée en Côte d'Ivoire, au Kosovo, au Liban, au Tchad et en République centrafricaine.
 
 
- Mars 2009 : la droite oublie de Gaulle et approuve le retour dans le commandement intégré de l'OTAN. La France était politiquement solidaire et militairement compatible avec l'OTAN, tout en restant maîtresse de ses décisions. La décision unilatérale de Nicolas Sarkozy fragilise l'image d'autonomie de la France sur la scène internationale.
 
 
 
- Juillet 2009 : la loi de programmation militaire entérine la suppression de 54 000 emplois (7 000 par an). Le plus grand plan de licenciements jamais réalisé en France.
 
 
 
- Août 2008 : le rattachement de la gendarmerie nationale au Ministre de l'Intérieur, traduit, derrière le souci de rationalisation, la volonté du pouvoir sarkozyen d'avoir la main sur l'ensemble de l'appareil de sécurité.
 
  
 
- Janvier 2010 : la loi relative à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français s'avère infiniment plus restrictive que la proposition de loi socialiste débattue quelques mois plus tôt.
 
 
 
- Janvier 2010 : la loi relative à la reconversion des militaires consécutive au plan de réduction des effectifs ne comporte aucun financement pour la mettre en œuvre.
 
 
 
- Juillet 2010 : la loi tendant à l'élimination des armes à sous-munitions est adoptée avec les voix socialistes.
 
 
 
- Mars 2011 : la loi contre la prolifération des armes de destruction massive est adoptée avec les voix socialistes.
 
 
 
- Juillet 2001 : la poursuite de l'intervention aérienne en Libye est votée par les députés socialistes.
 
 
 
 
 
Ils ont osé le dire
 
« La présence à long terme des troupes françaises en Afghanistan ne me semble pas décisive. Le Président de la République a pris la décision de rapatrier nos forces spéciales et un certains nombre d'éléments. C'est une politique que je poursuivrai »
Nicolas Sarkozy, 26/04/07, France 2 
 
 
 
 
 
Les chifres-clés
 
Depuis cette promesse, le contingent français en Afghanistan a été doublé et sa mission a été prolongée jusqu'en 2014.
 
 
 
Ce que nous avons soutenu
 
L'intervention en Libye. Elle était un acte de défense de la population face à la répression sanglante du régime Kadhafi.
 
 
 
Les engagements de François Hollande
 
 
« Je maintiendrai une ambition nationale élevée pour notre outil de défense, et je serai très vigilant dans l’action contre le terrorisme. Je fixerai un cap à nos forces armées, en conservant les deux composantes de notre dissuasion nucléaire, et en resserrant les liens entre l’armée et la nation. Je veillerai à ce que les armées disposent des moyens de leur mission et d’une organisation performante. Je relancerai une politique industrielle de défense ambitieuse. Je m’attacherai à ce que l’Otan retrouve sa vocation initiale : la préparation de la sécurité collective »
 
 « J’engagerai un retrait immédiat de nos troupes d’Afghanistan : il n’y aura plus de troupes françaises dans ce pays à la fin de l’année 2012. Je prendrai des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’État palestinien »

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