Santé 2
Sarkozy 2007
« J'améliorerai les conditions de travail des professionnels de la santé, leur ferai bien davantage confiance, reconnaîtrai leur mérite par de plus grandes facilités de promotion professionnelle, et libérerai l'hôpital de la contrainte des 35 heures en permettant à tous ceux qui veulent travailler plus pour gagner davantage de le faire. »
Programme du candidat Sarkozy
Le bilan
L'hôpital aux urgences
Le fleuron de notre système de santé, dont la réputation d'excellence et d'accueil de tous les malades a été longtemps enviée dans le monde, est l'ombre de lui-même. Il subit de plein fouet les effets pervers de la tarification à l'activité et de la volonté politique de la droite de l'aligner sur le secteur privé.
Symbole de cet alignement public/privé, la loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » (HPST), a remplacé le terme « service public hospitalier » par l'expression « établissement de santé, public ou privé ». Un glissement sémantique quis'inscrit dans la conception « d'hôpital-entreprise » où la rentabilité prend le pas sur les objectifs de santé publique et d'égalité d'accès aux soins. Cette conception s'est notamment traduite par l'augmentation continue du forfait hospitalier qui pénalise en priorité les plus défavorisés.
La permanence des soins et la prise en charge des plus fragiles sont de plus en plus difficiles, comme en témoigne le doublement du nombre de visites aux urgences. En cause : la réforme de 2004 qui a mis fin à l'obligation pour les médecins de ville d'assurer une permanence. Alors que la situation est à la limite de l'implosion, la réforme de la carte hospitalière a supprimé 20 000 postes et fermé de nombreux services. Les personnels de l'hôpital dénoncent unanimement la dégradation de leurs conditions de travail et de la prise en charge des patients. Cette politique comptable n'a même pas réussi à réduire le déficit financier du secteur hospitalier. Les partenariats public/privé, censés être la panacée pour réduire les dépenses de construction et de gestion, les ont augmentées.
Les principales mesures
Loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » (HPST, 2009) :
- Les moyens des hôpitaux sont définis uniquement en fonction du volume d'activités, au détriment des critères de qualité et sans tenir compte de la nature des actes. La convergence tarifaire entre public et privé pousse à privilégier les missions et les soins «rentables» dans une logique de productivité.
- Les établissements, publics ou privés, peuvent désormais choisir leurs missions de service public.Les cliniques privées choisissent les missions les plus lucratives et laissent le service public assumer seul la permanence des soins, les urgences et la prise en charge des patients les plus pauvres.
- La gouvernance de l'hôpital est calquée sur celle des cliniques privées, sacrifiant le rôle des médecins et de la communauté soignante au profit du contrôle d'une direction administrative et gestionnaire.
- Les agences régionales de santé (ARS) ont été conçues de manière technocratique, sans réelle amélioration pour la démocratie sanitaire et le rapprochement du sanitaire et du médico-social.
- La loi Fourcade (2011) a détricoté l'une des maigres avancées de la loi HPST,le contrat santé solidarité, qui était destiné à lutter contre les conséquences de la désertification médicale.
-La réforme de la carte hospitalière a entraîné la fermeture, pour des raisons purement comptables, de nombreux services hospitaliers et maternités dans des zones déjà durement touchées par la pénurie de médecins.
Les chiffres-clés
512 millionsd'euros : le déficit cumulé des hôpitaux publics (en 2009).
Ils ont osé le dire
« La réforme de l'hôpital, ce n'est pas la fermeture des hôpitaux (...) Elle a un seul objectif : offrir à tous les Français, sur tout le territoire, un égal accès aux soins de qualité »
Nicolas Sarkozy, 17 avril 2008
« L'hôpital n'est pas une entreprise, c'est un service public »
Roselyne Bachelot, RTL, 25 février 2009.
Les engagements de François Hollande
« Je réformerai la tarification pour mettre fin à l’assimilation de l’hôpital avec les établissements privés. Je le considérerai comme un service public et non comme une entreprise. Pour lutter contre les déserts médicaux, je favoriserai une meilleure répartition des médecins par la création de pôles de santé de proximité dans chaque territoire. Je fixerai un délai maximum d’une demi-heure pour accéder aux soins d’urgence. J’améliorerai la prise en compte de la santé publique, notamment en augmentant la part de rémunération forfaitaire des médecins généralistes »
« Je sécuriserai l’accès aux soins de tous les Français en encadrant les dépassements d’honoraires, en favorisant une baisse du prix des médicaments et en supprimant le droit d’entrée dans le dispositif de l’aide médicale d’État »
« Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assis- tance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité »