Haute fonction publique

mardi 21 février 2012 18h45

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Philippe Martin. Le président sortant nous a dit qu’il aimait la France.

En pensant aux millions de chômeurs supplémentaires depuis le début de son quinquennat, je me disais que nous l’avions échappé belle : que se serait-il passé si ce n’avait pas été le cas ?

 

Pour occulter son bilan, son dépôt de bilan devrais-je plutôt dire, le candidat de la manipulation s’invente des adversaires virtuels et fait colporter des rumeurs. La dernière en date, diffusée par sa nouvelle porte-parole, consiste à faire croire à la haute fonction publique de notre pays qu’elle court des risques en cas d’alternance. Mais, mes chers collègues, il ne faut pas parler de corde dans la maison d’un pendu. Le Président sortant nous avait promis « une République irréprochable ». En réalité, ce quinquennat aura été celui des nominations de complaisance et des évictions de circonstances.

 

On ne compte plus les magistrats du parquet nommés contre l’avis du Conseil supérieur de la magistrature, à commencer par Philippe Courroye.  On ne compte plus les préfets, les directeurs de la sécurité publique débarqués parce qu’ils n’avaient pas su protéger la piscine d’un ami acteur en Corse, parce qu’ils n’ont pas su éloigner les manifestants à Saint-Lô, ou parce qu’ils n’avaient pas su installer le tout à l’égout dans le Var.

 

Mes chers collègues, je veux vous dire les choses comme nous les ressentons. La haute fonction publique est une chance pour notre pays dès lors qu’elle est à son service exclusif. Celui qui vous dit cela a été haut fonctionnaire jusqu’en 1995, préfet des Landes débarqué par Alain Juppé en une semaine, laissé au placard pendant deux ans.  Quand on veut monter au mât de cocagne, il faut avoir des chemises aux pans blancs ; ce n’est pas votre cas !

 

Réponse : Valérie Pécresse, ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l’État, porte-parole du Gouvernement.

Monsieur le député, il ne faut pas plaisanter avec la République et avec la neutralité de la fonction publique. Le Président de la République a œuvré dans le sens d’une République irréprochable. Le Président de la République a rééquilibré les pouvoirs dans notre pays.

 

Qui a décidé de nommer un député socialiste à la tête de la commission des finances ? C’est nous, ce n’est pas vous ! Qui a décidé de nommer un député socialiste à la tête de la Cour des comptes ? C’est nous, ce n’est pas vous ! Qui a décidé de nommer un ancien sénateur socialiste au Conseil constitutionnel ? C’est nous, ce n’est pas vous !  Alors, monsieur Martin, il est vrai qu’aujourd’hui le Président de la République a décidé que l’administration serait aussi jugée sur ses performances. Cela signifie que, lorsqu’un fonctionnaire ne remplit pas sa mission, il faut pouvoir le changer.

 

J’ai entendu le candidat François Hollande dire qu’il adopterait le système américain des dépouilles s’il était élu et que tous les directeurs d’administration centrale nommés par Nicolas Sarkozy devraient changer.

Plusieurs députés du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche. C’est faux !

 

Mme Valérie Pécresse, ministre. Cela, c’est contraire au pacte républicain, c’est sectaire, c’est le contraire de la République que nous défendons.

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