COMMUNIQUE DE JEAN-MARC AYRAULT, PRESIDENT DU GROUPE SOCIALISTE, RADICAL ET CITOYEN A L'ASSEMBLEE NATIONALE

Les indignités du projet de loi immigration
ne se limitent pas à la déchéance de la nationalité
Je veux saluer le réflexe républicain d’une partie de la majorité qui a rejoint la gauche pour faire barrage à la tentative indigne du président de la République d’étendre la déchéance de la nationalité. C’est la preuve que la volonté de défendre les valeurs de la République peut permettre de dépasser les frontières partisanes et de construire une politique d’immigration de long terme qui concilie la fermeté des principes et le respect du droit.
Ce combat ne s’arrête pas à ce seul article. D’autres dispositions du projet de loi défendues par M. Guéant violent les droits élémentaires des personnes. C’est le cas de l’allongement de la durée de rétention et de la suppression du contrôle de la justice qui vont créer des espaces complets d’arbitraire.
Mais les mesures qui heurtent le plus la conscience sont celles qui ferment l’accès aux soins. La loi permettra ainsi qu’on expulse des personnes atteintes de maladies graves sans considération des risques qu’ils peuvent encourir. Elle réduira également l’aide médicale d’Etat qui permettait à ceux qui n’ont aucune ressource de se faire soigner. Et tout cela sans considération pour les dangers épidémiques ou contagieux que cela fait courir à tout le monde.
Cette rupture avec la plus ancienne tradition hospitalière de la France est aussi inacceptable que l’extension de la déchéance de la nationalité. Et je souhaite que nous dépassions de la même manière nos clivages pour l’empêcher. La fermeté ne peut être jamais être l’inhumanité.
9 mars 2011