PARIS, 8 juin 2010 (AFP) - - La liste des opérateurs retenus mardi à l'occasion de l'ouverture à la concurrence des jeux et paris en ligne (paris sportifs, hippiques) "symbolise toutes les ramifications entre le pouvoir et les puissances de l'argent", a jugé le Parti socialiste dans un communiqué.
Le PS cite Martin Bouygues et Stéphane Courbit "amis du président de la République et invités de la trop fameuse soirée du Fouquet's", organisée après l'élection de Nicolas Sarkozy à l'Elysée en mai 2007.
"Des licences ont également été accordées à ceux qui avaient créé des sites illégaux et qui se sont enrichis illégalement", ajoute le communiqué signé du secrétaire national du PS chargé des droits des consommateurs, Philippe Doucet.
"L'opérateur de jeu sur internet Bwin, dont l'un des fondateurs avait été placé en garde à vue en France, ses activités étant alors illégales, a obtenu quatre licences", fait-il remarquer.
"Le gouvernement met fin à cinq siècles de monopole de l'Etat qui garantissait un véritable service public protecteur des consommateurs de ce type de paris", déplore le PS, qui "propose une réorientation du monopole permettant un meilleur encadrement des joueurs pathologiques, une meilleure répartition des sommes à destination du sport amateur, et une lutte sans complaisance contre des opérateurs illégaux".
La France a officiellement ouvert mardi son marché des jeux d'argent et de hasard en ligne, une libéralisation hyper-réglementée censée éradiquer les sites internet illégaux.
L'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) a octroyé 17 licences à 11 opérateurs de jeux, afin de démarrer les paris dès le Mondial de football en Afrique du Sud (11 juin-11 juillet). Parmi les opérateurs agrées figurent BetClic.fr et Everest Gaming, détenus par l'homme d'affaires Stéphane Courbit et Eurosportbet.fr, filiale du groupe TF1 dirigé par Martin Bouygues.