Les chiffres ne sont guère encourageants : près de 900 000 foyers sont inscrits sur des listes d’attente, 3,5 millions de personnes souffrent de mal-logement, 100 000 SDF et 500 000 personnes répondent aux critères de la loi DALO sur le droit au logement opposable, et les récents rapports de l’INSEE et de la Fondation Abbé Pierre nous précisent l’impact du mal logement sur la santé des occupants et la réussite scolaire des enfants.
En dépit de ce triste constat, le logement n’est visiblement pas l’une de vos priorités. On est loin des promesses de 2008, où vous faisiez du logement et de l’hébergement des personnes sans abri un grand chantier national prioritaire.
Face à l’ampleur des besoins, à l’insuffisance de la construction, à l’inadéquation entre le développement de l’accession à la propriété et la réalité, qui est tout autre, et face au manque de logements à loyers abordables, votre seule et unique réponse, c’est que vous avez construit 120 000 logements et qu’il ne manque pas de places d’hébergement cet hiver.
Oui, vous avez construit 120 000 logements, et tant mieux, mais cela ne répond pas au fait qu’il y a 3,5 millions de mal logés, et ce n’est pas avec vos budgets rabotés d’année en année que la situation va s’améliorer. Certaines structures d’hébergement n’ouvriront pas cet hiver faute de crédits.
En pleine crise du logement, vous demandez aux locataires les plus modestes de pallier vos propres insuffisances.
Avec votre politique de désengagement, ce n’est plus la solidarité nationale qui va financer la politique du logement, ce sont les plus modestes qui vont payer pour les plus pauvres.
Ma question est donc simple…
M. le président. La parole est à M. Benoist Apparu, secrétaire d’État chargé du logement.
Réponse : Benoist Apparu, secrétaire d’État chargé du logement.
Le logement, madame la députée, est une priorité du Gouvernement et la lutte contre le mal-logement est l’une des priorités de cette majorité.
Oui, nous avons financé 120 000 logements sociaux cette année quand vous en faisiez 50 000 par an. Oui, l’hébergement est une priorité de ce gouvernement, nous avons augmenté de 20 % le nombre de places d’hébergement. La politique que nous conduisons vise à amener l’ensemble des sans-abri vers le logement, avec une politique d’hébergement ambitieuse et une politique de production de logements qui touche l’ensemble des secteurs : le logement social, le logement libre et l’accession à la propriété.
Ces engagements ont été répétés par le Président de la République, par le Premier ministre à l’occasion de son discours de politique générale. Oui, on n’a jamais aussi bien fait en matière de logement qu’avec cette majorité. C’est une révolution en la matière.