Nicolas Sarkozy promettait de maintenir la retraite à 60 ans, au lieu de quoi nous avons eu une réforme imprévoyante qui n'est pas financée au-delà de 2018 et ouvre la voie à la retraite par capitalisation. Les complémentaires ont bien compris la logique du gouvernement, et s'engouffrent dans la brèche, à grands renforts de publicité. Celle de Malakoff Mederic, très offensive, retient l'attention, le dirigeant de ce groupe n'étant autre que... Guillaume Sarkozy frère du Président !
Parallèlement, en matière de santé, la droite a pour seule politique de multiplier les déremboursements, sans réforme structurelle. Le reste à charge pour les patients n'a cessé d'augmenter : franchises médicales, augmentation du forfait hospitalier et du ticket modérateur, déremboursements de médicaments... Le reste à charge pour les soins courants dépasse désormais 45 % de leur coût. C'est donc le patient qui paie de sa poche pour près de la moitié de ses soins et le prix des complémentaires (assurances et mutuelles) ne cesse d'augmenter ! Le budget santé des ménages explose, au point que 39 % d'entre eux ont déjà renoncé à des soins ou les ont retardés pour des raisons financières.
Le gouvernement ne cesse de clamer que la sécurité sociale coûte trop cher. Le risque est grand que cela lui serve de prétexte pour de nouveaux désengagements : de nouvelles taxes viennent frapper les mutuelles, qui les répercutent sur leurs tarifs, les APL ne sont plus rétroactives, la PAJE est réduite d'un mois... Ce sont bien les Français, et en particulier les plus modestes qui sont les premiers touchés par ce détricotage de la protection sociale. Où est passée la solidarité, fondement même de notre système de protection sociale ?
8 décembre 2010