Mutuelles

mardi 11 octobre 2011 15h56

Catégorie:

 Mutuelles

Albert Facon. Ma question s’adresse à monsieur le ministre de la santé ; j’y associe ma collègue Valérie Fourneyron.
 

Monsieur le ministre, concernant la décision de votre gouvernement d’augmenter une fois de plus la taxe des complémentaires santé, permettez-moi d’être très inquiet pour l’accès aux soins des Français. Force est de constater que le montant des cotisations a été multiplié par vingt depuis 2008 : en valeur absolue, ce montant passera de 177 millions d’euros en 2008 à 3,5 milliards d’euros en 2012.
 

Année après année, le Gouvernement démantèle la solidarité nationale. Le taux de remboursement de la sécurité sociale des soins de ville est descendu à 55 %. Beaucoup de Français ne peuvent plus payer leur mutuelle. Actuellement, une personne sur trois n’achète plus ses médicaments contre seulement une personne sur dix en 2007.
 

Monsieur le ministre Xavier Bertrand, vos mesures représentent une attaque contre l’accès à la santé. De nombreux médicaments sont déremboursés et les dépassements d’honoraires sont banalisés. Taxer les mutuelles et les transformer en collecteurs d’impôts ne va pas dans le sens de la justice sociale. Avec vous, ce n’est plus une médecine à deux vitesses, c’est plus de médecine du tout.
 

Le groupe socialiste a déposé un amendement dans le projet de loi de finances pour supprimer ces mesures. Les 2 milliards que devraient payer nos concitoyens seront prélevés sur la belle niche fiscale Copé qui épargne les grandes entreprises.
 

Monsieur le ministre Xavier Bertrand, je vous demande de revenir sur ces décisions injustes qui vont frapper de plein fouet les plus faibles.< 

 

Réponse : Xavier Bertrand, ministre du travail, de l’emploi et de la santé.

 

Monsieur le député, vos chiffres sont faux !. Je ne vais pas vous asséner les miens mais vous donner ceux de la commission des comptes de la santé, qui n’est pas une émanation du ministère. Ceux-ci montrent que la France est le pays au monde, avec les Pays-Bas, où le reste à charge est le plus faible, tout simplement pour préserver l’accès au soin des Français.
 

C’est une vérité qui vous dérange peut-être ; elle devrait vous faire plaisir. Vous pouvez chercher à manier les chiffres dans tous les sens, je vous mets au défi de me trouver un seul pays où vous préféreriez vous faire soigner, vous et votre famille, plutôt qu’en France. Il n’y en a pas ! Vous avez le droit de le reconnaître, même si vous êtes sur les bancs de l’opposition.
 

Même si vous passez votre temps à critiquer, à protester, vous devriez le rappeler : c’est votre majorité qui a instauré, qui a imaginé le forfait journalier hospitalier. C’est vous qui l’avez mis en place. Il fut une époque où vous avez été courageux, mais c’est du passé.

Vous ne savez que critiquer en la matière, et la primaire socialiste a donné lieu à une improvisation permanente. Voyez comme vous êtes agités ! Croyez-vous que les Français ont envie de vous faire confiance ? Certainement pas !
 

La vérité, c’est qu’il existe une aide à la complémentaire santé et que vous ne l’avez jamais votée. Pourquoi avons-nous mis en place cette aide ? Pour que celui qui est au-dessus du seuil de la CMU, qui travaille, ne soit pas privé de soins. Il doit aussi y avoir une solidarité envers celles et ceux qui travaillent. Jamais vous n’avez voté en faveur de cette mesure, lors de l’examen des lois de financement de la sécurité sociale.
La taxe va effectivement faire augmenter le montant des cotisations, mais les mutuelles ne sont pas obligées de relever leurs tarifs.

Chaque année, les prix des mutuelles ont augmenté trois fois plus que l’évolution de la fiscalité. Où est la différence ? Vous aviez moins de scrupules quand, dans la région Nord-Pas-de-Calais, vous avez augmenté les impôts de 24 %. Vous ne vous êtes pas émus du pouvoir d’achat des habitants de votre région !

Nos expressions

Un nouveau Premier ministre qui incarne la force du travail collectif

Limitation des gros salaires du public: "ce sera fait", affirme Michel Sapin

Jean-Marc Ayrault : « M. Sarkozy est un candidat perdu »

Toutes les expressions

Nos initiatives

Toutes les initiatives
 

Il faut le savoir

Nous les avions alertés, nous avons eu raison…

Lire la suite

 

LeSarkoMètre

Lire le Sarkomètre