François Brottes. Monsieur le Premier ministre, le Président de la République se déplace ce vendredi sur le site Areva du Tricastin, comme d’autres partent en pèlerinage pour se faire pardonner leurs péchés ! Or, dans le secteur de l’énergie, il a beaucoup à se faire pardonner.
Souvenez-vous : c’est lui qui a bradé et privatisé Gaz de France. Ceux qui paient les factures de gaz ont compris leur douleur !
C’est lui qui a engagé le démantèlement de l’entreprise Areva en vendant sa filiale T&D. Ce sont aujourd’hui 500 millions qui manquent chaque année pour sécuriser les emplois.
C’est lui encore qui a décapité Areva et qui a refusé de recapitaliser l’entreprise, la contraignant ainsi à lancer un plan social drastique, portant, quoi qu’on en dise, sur près de 8 000 emplois, et à faire, en conséquence, l’apologie de la sous-traitance. Je tiens à la disposition de M. Baroin une lettre de rappel à l’ordre du président d’Areva sur le problème de la rentabilité, en date du 13 avril dernier.
C’est encore lui, le Président de la République, qui nous ment en laissant croire que le nucléaire serait la seule solution. Mais personne n’échappe à son bilan, mes chers collègues ! Ne croyez pas que parler du nucléaire nous gêne ! Les Français l’ont bien compris ! Nous devons sortir de la dépendance du nucléaire et du pétrole. Il est temps de faire franchement la chasse aux gaspillages, en particulier dans les bâtiments. Il est temps d’investir massivement dans les énergies renouvelables.
Le débat sur cette stratégie pour l’avenir d’une France qui conforte ses atouts industriels, ses emplois et ses compétences, qui sauvegarde le pouvoir d’achat, qui favorise la compétitivité des entreprises et qui préserve la planète, hé bien ce débat doit être mené sereinement avec les salariés de ces secteurs et l’ensemble des Français.
Votre majorité a tué dans l’œuf le développement du photovoltaïque.
Votre majorité a privatisé des pans entiers du secteur public de l’énergie.
Votre majorité a augmenté de plus de 60 % les tarifs du gaz en cinq ans et de plus de 10 % ceux de l’électricité pour la seule dernière année.
Monsieur le Premier ministre, avec un tel bilan, vous n’avez aucune légitimité pour venir aujourd’hui nous donner des leçons !
Réponse : Éric Besson, ministre chargé de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique.
Monsieur Brottes, c’est dommage que vous forciez votre nature, vous qui connaissez plutôt bien les secteurs de l’électricité et de l’énergie, et que vous vous prêtiez ainsi à la caricature.
S’il fallait expier ses fautes en se rendant sur les sites, vous devriez aller à la Hague, à Marcoule, et sur les sites des vingt-quatre réacteurs que vous vous êtes engagés à fermer dans cet accord absurde que vous avez passé avec les Verts et que vous êtes au demeurant incapables d’expliquer aux Français. Si l’on écoute M. Hollande, M. Sapin, Mme Duflot ou Mme Joly, ils nous en donnent chacun une version différente.
Vous devriez, monsieur Brottes, réfléchir à ce communiqué que l’union des industries utilisatrices d’énergie a présenté ce matin. Les trente-sept industriels les plus consommateurs d’électricité en France qui y sont regroupés nous expliquent très clairement que le mouvement que vous avez engagé détruirait tout de suite 150 000 emplois, 600 000 emplois directs à très court terme et que 2 millions en seraient fragilisés.
Pour le reste, votre accord conduirait à augmenter de 40 % les émissions de gaz à effet de serre. Et vous prétendez agir en faveur du développement durable ! Les tarifs de l’électricité augmenteront, pour tous les Français, de 30 à 40 % ! Concrètement, un ménage qui paie son électricité 1 600 euros par an verra sa facture augmenter de 480 euros dans l’année. C’est cela, l’accord que vous avez passé !
Vous allez détruire des centaines de milliers d’emplois, vous allez accroître notre dépendance énergétique et nuire considérablement à notre commerce extérieur.