Politique économique

mardi 15 novembre 2011

Monsieur le Premier Ministre,
Vous étiez hier dans le beau département de Loire Atlantique. Vous êtes à cette occasion sorti de votre rôle pour vous placer aux avants-postes de la campagne du président-candidat.

Mais pour pouvoir faire la leçon, il faut être en capacité de la faire ! En 2007, vous vous présentiez comme le Premier Ministre d’un Etat en « faillite ».

En 2011 vous nous dites : « c’est pire » ! Alors qu’avez-vous fait depuis quatre ans ? Ou étiez vous lors des arbitrages qui ont multiplié les cadeaux fiscaux aux plus riches ? Pourquoi n’avez vous pas eu le courage de protester contre le bouclier fiscal, le paquet fiscal, l’allègement de l’Impôt sur la Fortune, les nouvelles niches fiscales ?
 

Ce sont ces 75 milliards d’euros financés par l’emprunt  qui ont ainsi alourdi la dette et qui nous manquent aujourd’hui ! Vous nous dites « baissez la dépense publique », mais vos deux plans d’austérité sont à l’opposé de vos déclarations ! 1, 5 milliards de baisse de la dépense et 16,5 milliards d’impôts nouveaux prélevés sur les classes moyennes et populaires. Votre plan c’est : le gel des allocations familiales, c’est plus de TVA, plus de taxes, taxes sur les sodas, taxe sur les mutuelles, mais pas de taxe sur les transactions financières !
 

Vos mesures, plutôt que de doper la croissance, l’affaiblissent. Vous allez bientôt imposer aux Français votre 3ème plan pour tenter d’éviter la sanction des agences de notation.  
De plan d’austérité en plan d’austérité vous enfoncez le pays dans la crise !  Monsieur le Premier Ministre, puisque vous vous faites l’apôtre de la vérité, il en est une simple : il n’y a pas d’espérance sans justice ni croissance !

 

Réponse :  François Fillon, Premier ministre. 

Nous traversons une crise majeure, qui met en danger notre héritage européen et notre mode de vie. Cette crise n’est plus seulement la crise des dettes souveraines ; c’est maintenant la crise de l’Europe, la crise de la crédibilité des institutions européennes, des processus de décisions en Europe.

Plusieurs députés du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche. C’est votre crise !
 

M. François Fillon, Premier ministre. C’est la crise de la capacité des États européens à se réformer pour faire face au basculement de l’économie mondiale et à la fin de la suprématie occidentale.
 

Face à la gravité de cette crise, face aux menaces qu’elle fait peser sur chacun de nos pays, nous devrions nous rassembler, au-delà de nos divergences légitimes, pour porter tous ensemble un seul et même message : nous avons la volonté commune de retrouver l’équilibre des finances publiques et nous ne pourrons le faire qu’en baissant la dépense publique, parce que nous sommes dans le pays d’Europe qui détient le record de la dépense publique et le record des prélèvements obligatoires.

M. Henri Emmanuelli et M. Michel Lefait. La faute à qui ?

M. Roland Muzeau. Cela fait dix ans que vous êtes au pouvoir !
 

M. François Fillon, Premier ministre. C’est la meilleure façon de protéger les Français ; c’est la meilleure façon de protéger notre indépendance ; c’est la meilleure façon de défendre la souveraineté de notre pays.
 

Eh bien, au lieu de cela, le parti socialiste a choisi une stratégie de dénigrement.  Il a choisi une stratégie de dénigrement du Président de la République, du Gouvernement, de l’action de la majorité, et cette stratégie pèse sur la France tout entière !
 

Les porte-parole du parti socialiste sont, depuis quelques jours, devenus les auxiliaires des agences de notation.  Ce sont eux qui annoncent à l’avance que la France va perdre son triple A !
 

Qu’un électron libre comme Jacques Attali le dise, cela n’aide pas, mais cela ne regarde que lui. Que François Hollande, le responsable du parti socialiste, le candidat, annonce lui-même à la télévision que la France a perdu son triple A, ça n’est pas responsable !
 

Ces caricatures n’aident en rien les Français ; pire, le programme du candidat socialiste à l’élection présidentielle vient accroître les incertitudes qui pèsent sur la crédibilité de notre pays.
 

Au moment où nous sommes confrontés à une tourmente qui secoue tous les pays européens, qui a provoqué une augmentation du chômage de plus de 100 % en Espagne, de plus de 50 % au Royaume-Uni, de plus de 34 % dans la zone euro, le parti socialiste a choisi d’annoncer la création d’emplois publics, le retour au partage du travail, qui a été l’une des causes principales de la différence de compétitivité avec notre voisin allemand, et pire encore, le retour à la retraite à soixante ans !
 

Mais, mesdames et messieurs les socialistes, comment pensez-vous, demain, parler de solidarité avec les pays européens, avec ces pays qui ont choisi de porter l’âge de la retraite à soixante-cinq, voire à soixante-sept ans, si vous arrivez en prétendant vouloir revenir à la retraite à soixante ans, contre toute logique démographique, contre toute logique financière, contre toute logique économique ?

M. Marcel Rogemont. Vous êtes responsables de 500 milliards de dettes supplémentaires !
 

M. François Fillon, Premier ministre. Enfin, que dire de votre marchandage sur l’énergie nucléaire ?  À en croire les SMS qui nous informent sur les tractations entre les Verts et le parti socialiste, vous avez déjà sacrifié vingt-quatre réacteurs nucléaires à un accord électoral avec les Verts ! Autrement dit, vous avez choisi de sacrifier l’un de nos rares avantages compétitifs de la France par rapport aux autres pays européens. Vous avez choisi de sacrifier l’un des domaines d’excellence de l’industrie française, l’une de ses sources de son rayonnement dans le monde.
 

Alors, monsieur Ayrault, réveillez-vous ! Descendez de votre piédestal, regardez le monde comme il est, quittez vos habits de marchand d’illusions. Il est encore temps d’abandonner cette vision dépassée du monde et de faire la démonstration que le parti socialiste est aussi capable de prendre ses responsabilités et d’aider au redressement de notre pays et de l’Europe.
 

En dénigrant comme vous le faites en permanence l’action du Gouvernement, finalement, d’une certaine façon, vous dénigrez aussi la France.

LES DEPUTES SOCIALISTES, REPUBLICAINS ET CITOYENS
Mercredi 19 Juin 2013
Bruno Le Roux sera l’invité de la matinale de RFI à 08h20.
Jeudi 20 Juin 2013
Jean-Marc Germain sera sur LCI à 14h15
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