
Christiane Taubira. Monsieur le Premier ministre, depuis jeudi dernier, à Annecy, la France entière en est témoin, la violence verbale est de retour avec une escalade dimanche, à Marseille.
Cette violence verbale s’ajoute à la violence financière exercée sous un quinquennat qui a divisé par trois l’imposition des fortunes supérieures à 3 millions d’euros tout en fiscalisant les indemnités journalières des victimes d’accidents du travail.
Cette violence verbale s’ajoute à la violence économique des fermetures d’entreprise avant que le pouvoir ne songe à mobiliser ses amis probablement, hélas, pour une durée déterminée.
Cette violence verbale s’ajoute à la violence symbolique d’un État partial, agressif contre les pauvres, les chômeurs, ceux que menace le déclassement social alors que, dans le même temps, le pouvoir place ses amis à la tête d’entreprises. Mme Aurélie Filippetti vient de rappeler le cas de l’entreprise Véolia et M. Alain Minc pourrait, semble-t-il, être nommé à la tête d’une société d’autoroutes.
Dans le même temps, le Président-candidat semble découvrir les vertus cachées du référendum, après avoir refusé d’y soumettre le traité de Lisbonne en 2008, comme nous le demandions, ou le statut de La Poste. En vérité, comme à son habitude, le Président-candidat joue : il joue le peuple contre les institutions publiques comme il a joué le congrès de Versailles contre le référendum sur le traité constitutionnel européen. Comme à son habitude, il dresse les uns contre les autres, les ouvriers contre les enseignants, les policiers contre les magistrats.
Monsieur le Premier ministre, la manipulation serait-elle l’arme cardinale d’une campagne menée en ce moment avec l’énergie du désespoir ? Les seules réponses aux questions de l’opposition seraient-elles les éclats de voix de la porte-parole du Gouvernement ?
Réponse : Valérie Pécresse, ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l’État, porte-parole du Gouvernement.
Madame Christiane Taubira, vous parlez de violence…
Permettez-moi de vous dire qu’il serait temps de mettre fin à la caricature que vous donnez de la politique du Gouvernement.
Avant Nicolas Sarkozy, des pans entiers des rémunérations des plus riches n’étaient pas fiscalisés ! Les stock options, les retraites chapeaux, les parachutes dorés, les bonus des traders, toutes ces rémunérations ont été fiscalisées.
Avant Nicolas Sarkozy, sous Lionel Jospin, un ménage qui gagnait un million d’euros pouvait ne pas payer d’impôts sur le revenu grâce aux niches fiscales. Ces niches fiscales, nous les avons plafonnées !. Grâce à nous, ce même ménage qui gagne un million d’euros finance désormais 335 000 emplois !
La vérité, madame Taubira, c’est que jamais les filets de protection sociale n’ont été aussi solides. Nous avons instauré le bouclier social, le revenu de solidarité active qui a permis à 150 000 ménages de sortir de la pauvreté, nous avons augmenté de 37 % les dépenses sociales de l’État en faveur des plus fragiles, de 25 % l’allocation adulte handicapé, de 25 % le minimum vieillesse.
N’ayez pas la mémoire sélective, soyez honnête intellectuellement, arrêtez les mensonges !