
Aurélie Filippetti. Monsieur le Premier ministre, le candidat désormais déclaré de la droite se présente volontiers comme le candidat du peuple contre les élites ! Mais de quelles élites parle-t-on ?
Car, après Banque Populaire-Caisse d’Épargne, après Thales, après EDF, après AREVA, voici la dernière décision du conseil d’administration du Fouquet’s présidé par Nicolas Sarkozy : nommer un de ses anciens ministres à la tête de l’une des plus importantes entreprises de France : Veolia et ses 110 000 salariés !
La manœuvre était facile, puisque le président du conseil de surveillance de Veolia n’est autre qu’Henri Proglio, nommé il y a deux ans PDG d’EDF par son ami Nicolas Sarkozy, sur proposition du ministre de l’écologie et de l’énergie d’alors, le même précisément que l’on envisage aujourd’hui de placer à la tête de Veolia. ; Henri Proglio, à qui, souvenez-vous, il avait fallu un an pour renoncer à sa double casquette de PDG d’EDF et de Veolia…
Et ce n’est pas le conseil d’administration qui pourrait s’y opposer, puisqu’il est le produit de toutes les manœuvres de ce clan depuis son arrivée au pouvoir : réseaux, connivences, consanguinité et mélange des genres. À part la Caisse des Dépôts, qui siège en effet dans ce conseil d’administration ? Natixis, présidée par l’ancien secrétaire général adjoint de Nicolas Sarkozy ; le groupe Dassault ; le fonds du Qatar, nouvel investisseur massif en France, à qui le Président de la République aurait personnellement téléphoné.
Plus qu’une faute, plus qu’un scandale, cette affaire montre de façon criante aux Français la toile d’araignée tissée par Nicolas Sarkozy dans le monde des grandes entreprises, et les manipulations politico-économiques qu’il orchestre avec Henri Proglio depuis la nuit du Fouquet’s !
Monsieur le Premier ministre, par quelle acrobatie allez-vous tenter de justifier ces manœuvres aux yeux des Français ?
Réponse : Valérie Pécresse, ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l’État, porte-parole du Gouvernement.
Madame la députée Aurélie Filippetti, je veux faire taire immédiatement cette rumeur absurde : Veolia est en effet une entreprise privée, et le Gouvernement n’intervient pas dans sa gouvernance ! Votre tentative d’impliquer le Président de la République dans cette affaire est purement scandaleuse, car il n’a rien à y voir.
L’ensemble des protagonistes de cette affaire ont d’ailleurs démenti ces fausses rumeurs, mais puisque vous vous escrimez à relayer manipulations, campagnes de désinformation et tentatives de déstabilisation, j’aimerais vous parler d’environnement, madame Filippetti, car c’est un sujet susceptible de vous intéresser.
J’aimerais que vous vous félicitiez de l’action du Gouvernement en la matière. Cette action a été marquée cette semaine par deux événements majeurs : d’abord la notification de la clause de sauvegarde des OGM contre les OGM Monsanto 810, à Bruxelles.
Elle a ensuite été marquée par le dévoilement des neuf lauréats de l’appel à projets de l’éolien offshore outremer. Voilà ce qu’est l’action du Gouvernement en matière d’environnement !