Prix de l'électricité

François Brottes. Monsieur le Premier ministre, le sujet est grave : il n'est pas convenable de prendre nos concitoyens en otages sur la question de l'énergie.
On leur dit : si vous voulez la concurrence il faut payer plus cher. Si vous voulez limiter l'effet de serre, il faut payer plus cher. Si vous voulez la sécurité, il faut payer plus cher...
C'est indécent. Les profits espérés par les actionnaires ou les dividendes attendus par l'État poussent leur avantage au cœur de la crise et de l'émotion légitime que suscite le drame japonais.
Cette forme de chantage, monsieur le Premier ministre, est inacceptable. L'annonce d'une augmentation de 30 % supplémentaire du prix de l'électricité est intolérable pour les familles qui ont déjà du mal à boucler les fins de mois.
Faites très attention : tout laisse à penser que vous auriez fait l'impasse sur la sécurité pour faire plus de profits. Depuis le début, nous vous demandons d'arrêter le massacre de la course à la privatisation et aux profits dans le secteur de l'énergie.
Monsieur le Premier ministre, il n'est pas trop tard pour être raisonnable. Notre proposition est concrète et d'application immédiate : suspendez la loi NOME !
Avec cette loi, vous avez organisé la hausse des tarifs de l'électricité. Nous avions voté contre ce texte, porteur de tous les dérapages sur les prix et de tous les dangers en matière de sécurité.
Le Gouvernement a le pouvoir de décider en matière de tarifs. Vous devez stopper la spéculation sur le dos des familles et de la création d'emplois. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe UMP.)
Il y a des alternatives à votre politique : il faut investir massivement dans l'économie d'énergie. Il faut diminuer significativement la part du nucléaire. Il faut développer les énergies renouvelables sans les tuer dans l’œuf, comme vous le faites. Il faut mettre en place un tarif de base pour que les plus défavorisés n'aient pas à faire appel à la charité pour se chauffer !
Écoutez nos propositions. Écoutez les Français qui n'en peuvent plus ! Suspendez immédiatement la loi sur la nouvelle organisation du marché de l'électricité.
Réponse : Éric Besson, ministre chargé de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique.
Je suis très surpris par la tonalité de votre question, monsieur le député, vous, qui, pourtant, connaissez parfaitement ces sujets.
Les Français, je le rappelle, paient leur électricité 40 % en moyenne moins cher que dans les autres pays européens et ils le doivent à notre parc nucléaire civil. À titre de comparaison, les ménages allemands paient leur électricité 90 % plus cher que les ménages français.
Pour le reste, je veux apporter un démenti catégorique.
Vous connaissez parfaitement la situation. Une dépêche livrant une fausse information a été publiée à minuit. Une heure plus tard, je l’ai démentie.
Vous savez pertinemment que cette note n’existe pas ou, en tout cas, qu’elle n’a jamais été reçue par le Gouvernement. Plus important, le Gouvernement n’étudie aucune hausse importante des tarifs de l’électricité. Pas d’amalgame, je vous prie ! Ne faites pas semblant de vous fonder sur de fausses informations démenties depuis la première minute.
Pour le reste, le Gouvernement a deux décisions à prendre : tout d’abord la fixation du prix de l’ARENH, c’est-à-dire le tarif de gros de l’électricité. Il le fera tranquillement en avril, en tenant compte de ce que vous avez voté.
M. Christian Eckert. Pas nous ! Nous ne l’avons pas voté.
M. Éric Besson, ministre. Ce que l’Assemblée nationale a voté : c’est-à-dire la mise en cohérence avec le tarif transitoire.
Deuxièmement, il y aura un tarif de détail. C’est très simple. Le Gouvernement s’attachera à la protection du pouvoir d’achat des Français. Nous n’avons que deux préoccupations ; la compétitivité de notre industrie et le pouvoir d’achat des Français.
C’est sur cette base, qu’à l’été – pas avant –, il y aura une légère augmentation des tarifs de l’électricité J’ai bien dit une « légère » augmentation. Rien à voir avec ce que vous évoquiez !