Mardi 15 juin 2010
Question : Pierre-Alain Muet, député du Rhône.
Monsieur Woerth, vous présentez la réforme des retraites comme une réponse à la crise ; mais, pour celle que vous préparez, il n’en est rien ! Votre réforme est un alibi pour faire oublier toutes les réformes que vous n’avez pas faites (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC et sur plusieurs bancs du groupe GDR) ; un alibi pour faire oublier que notre dette publique aura doublé entre juin 2002 et juin 2012, passant de 900 milliards d’euros à 1 800 milliards, selon vos propres prévisions. Les seuls intérêts de cette dette représenteront, pour les générations futures, 45 milliards d’euros par an, soit l’équivalent du déficit du système de retraite.
Vous parlez de courage, et de la nécessité des prélèvements sur le capital et les hauts revenus. Aurez-vous le courage de supprimer la mesure qui vous conduit à signer un chèque de 1,8 million d’euros aux cent contribuables les plus riches, au titre du bouclier fiscal ?
Est-il par ailleurs courageux de repousser l’âge de départ à la retraite, mesure dont on sait qu’elle pèsera sur les salariés entrés tôt dans le monde du travail, et qui, bien que bénéficiant de toutes leurs années de cotisation, devront attendre pour rien ?
Maintenir parmi les actifs des salariés devenus chômeurs, alors qu’ils pourraient partir à la retraite, est-ce du courage ? Non. Les Français le savent, votre réforme est profondément injuste, aussi injuste que toutes le mesures du Gouvernement depuis trois ans.
Réponse : Éric Woerth, ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique.
Je suis un peu étonné, monsieur Muet. Vous parlez sans cesse de notre réforme, dont vous avez les grandes lignes et les principales orientations. Mais cette réforme, le Gouvernement l’annoncera demain : attendez donc demain pour la juger ! Peut-être, d’ailleurs, aurez-vous de bonnes surprises peut-être la trouverez-vous juste, notamment en ce qui concerne la prise en compte de la pénibilité et la situation de nos compatriotes qui, ayant commencé à travailler plus tôt, pourraient faire valoir leurs droits plus tôt.
En 2003, lors du débat sur les carrières longues, le parti socialiste était d’ailleurs aussi désinvolte qu’aujourd’hui avec les retraites des Français. Oui, le parti socialiste est désinvolte dans ses positions et dans sa volonté de réformer notre système de retraites.
En imitant le bruit que l’on entend aujourd’hui dans les stades sud-africains, il s’apparente d’ailleurs à la cigale.
À l’époque où notre pays bénéficiait d’un taux de croissance sans précédent, vous auriez pu, mesdames, messieurs les députés socialistes, le réformer, mais vous avez préféré dépenser sans compter ; c’est pour cela qu’il connaît aujourd’hui de telles difficultés.
Oui, nous réformerons le système des retraites, dussions-nous le faire contre tous les immobilismes et contre la ringardise dont fait preuve le parti socialiste.