Rentrée scolaire

vendredi 9 septembre 2011 15h59

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Rentrée scolaire

Yves Durand. Monsieur le ministre de l’éducation nationale, nous ne pouvons que vous féliciter pour vos talents d’illusionniste ! Mais votre autosatisfaction coutumière – nous venons encore d’en avoir un exemple – ne peut cacher que nous vivons à nouveau une rentrée scolaire de sacrifices.

Depuis quatre ans, les inégalités scolaires n’ont cessé de se creuser ; votre action, c’est de donner moins à ceux qui ont moins. Il est temps de rétablir une véritable mixité par le rétablissement d’une carte scolaire juste et efficace.

Depuis quatre ans, l’échec scolaire s’est aggravé. Nicolas Sarkozy s’était engagé à faire tomber à 5 % le nombre d’élèves en échec à l’entrée en sixième. En 2011, ils sont plus de 25 % à ne pas maîtriser les fondamentaux à la fin du CM2, contrairement à ce que vous affirmez, monsieur le ministre.

Faute de moyens, une grande partie des établissements n’applique pas le soutien personnalisé dont vous faites pourtant la pierre angulaire de votre politique.

Vous vantez les mérites d’une école maternelle que tout le monde nous envie. Mais depuis quatre ans, vous en avez fait la première victime de votre politique de suppression de postes. Alors que la scolarisation précoce est essentielle pour faciliter l’apprentissage de la lecture, vous avez fait chuter la scolarisation de 35 % en 2000 à 13 % à peine aujourd’hui. Il est temps de bâtir un véritable service public de la petite enfance, avec l’accueil dès deux ans.

Quant aux jeunes enseignants, vous les contraignez à payer eux-mêmes leur formation en vous obstinant à prétendre que leur métier ne s’apprend pas.

Monsieur le ministre, les Français aiment leur école mais condamnent ce que vous en faites. Ils refusent le cynisme avec lequel vous vous apprêtez à lui infliger une nouvelle saignée de 14 000 postes à la rentrée prochaine.

Il est temps de refonder l’école en proposant à la nation un nouveau pacte éducatif.
 

Réponse :  Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative.

En vous écoutant, monsieur le député, je me disais qu’il y avait une grande différence entre nous.Vous n’avez qu’une seule préoccupation : l’obligation de moyens. Nous nous préoccupons, nous, de l’obligation de résultats !

Vous êtes enfermé, monsieur le député, dans une idéologie des moyens ; vous ne cessez de demander des postes supplémentaires, des moyens supplémentaires. Quand j’écoute vos candidats à la candidature aux élections présidentielles, je m’inquiète profondément : dans quel monde vivent-ils, à réclamer des postes supplémentaires pour la rentrée 2012 ?

Cette politique des moyens menée depuis trente ans a-t-elle obtenu des résultats ? Vous le savez très bien, les moyens par élève ont augmenté de 80 % depuis 1980 ; vous le savez très bien, en cette rentrée, il y a 35 000 professeurs de plus qu’il y a vingt ans, alors qu’il y a 500 000 élèves de moins. Parmi les élèves des pays développés, les enfants français sont ceux qui vont le plus à l’école.

Cette stratégie a-t-elle permis d’obtenir de meilleurs résultats ? Malheureusement, la réponse est non, monsieur le député !

Pouvez-vous vous réjouir du fait que la France, cinquième puissance économique mondiale, se situe entre la vingt-deuxième et la vingt-sixième place dans les classements internationaux, dans les comparaisons internationales des systèmes éducatifs ?

MM. Michel Issindou, Régis Juanico et Jean-Yves Le Bouillonnec. Vous êtes au pouvoir depuis dix ans !

M. Luc Chatel, ministre. Ce qui nous intéresse, nous, ce sont les résultats.

Nous voulons personnaliser, et faire plus pour les élèves qui sont en difficulté.

Je constate que cette politique commence à porter ses fruits. Regardez les évaluations de CE1 : les élèves sont en progrès cette année de trois points dans la connaissance du français par rapport à l’année dernière. Les candidats au baccalauréat professionnel sont également en progrès.

Cette politique finira par payer, parce que l’avenir, c’est la personnalisation des moyens, et non la quantité !

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