Sécurité routière

jeudi 26 mai 2011 10h18

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Sécurité routière

Armand Jung. Monsieur le Premier ministre, 1 256 personnes ont trouvé la mort sur les routes de notre pays depuis janvier 2011. Cela correspond à une hausse d'environ 12,5 % par rapport à l’an dernier, à la même époque.

Nous étions pourtant quelques-uns, ici même, sur tous les bancs, à mettre en garde le Gouvernement contre l'assouplissement du permis à points.  Cette décision était une erreur, qui se paie cash sur les routes aujourd'hui.

Vous nous proposez maintenant des mesures incohérentes et incompréhensibles pour la plupart de nos concitoyens, s'agissant du démontage ou non des panneaux annonçant les radars ou de l'installation de radars pédagogiques.

Qui faut-il croire, entre votre ministre de l'intérieur et vous-même ? Dans un domaine aussi sensible que la sécurité routière, aucun lobby, aucune démagogie électorale ne doivent guider notre action.

Vos hésitations, vos atermoiements contribuent à affaiblir, et même à déstabiliser, la politique de sécurité routière de notre pays, qui faisait pourtant consensus entre nous. Si nous avons besoin d'une prévention accrue et d'une répression renforcée, il nous faut également réfléchir à la conception de la voiture du futur que préparent nos industriels. Nulle part, vous n'abordez cette question.

Monsieur le Premier ministre, il n'y a pas de fatalité à l'échec. Si vous ne prenez pas rapidement les mesures adéquates et cohérentes, l'objectif de moins de 3 000 morts sur les routes en 2012 ne pourra pas être atteint. Votre responsabilité politique et personnelle est immense. Je vous demande de clarifier votre démarche en matière de sécurité routière pour ne pas assister à un tragique retour en arrière. voir la vidéo
 

Réponse : Claude Guéant, ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration.

Monsieur le député, je vais vous décevoir : contrairement à ce que vous pensez, il y a une complète identité de vue au sein du Gouvernement , une complète identité de vue entre le Gouvernement et sa majorité sur les questions de sécurité routière.

Prévaut d’abord une conviction et une réaffirmation de notre détermination farouche à lutter contre l’insécurité routière. Il y a dix ans, nous déplorions 8 500 morts sur nos routes chaque année. L’année dernière, il y en a eu moins de 4 000. Nous pouvons être fiers de cette évolution.

Cependant, depuis le début de l’année, nous avons, c’est vrai, constaté une dégradation. Si nous ne réagissons pas, nous nous acheminons vers 500 à 600 morts de plus. C’est une perspective que le Gouvernement n’accepte pas. Tel est le sens des mesures qui ont été prises en CISR le 11 mai dernier.

Parmi celles-ci la décision de retirer les panneaux signalant la présence des radars fixes de contrôle de vitesse a fait débat.
Je confirme que ces panneaux seront retirés. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont plus d’effets préventifs. Trop de conducteurs ralentissent lorsqu’ils voient le panneau et réaccélèrent ensuite. Or les limites de vitesse doivent être respectées partout. Ils seront retirés après l’avis d’une commission locale des acteurs de la sécurité routière qui proposera des moyens d’information supplémentaires sur les vitesses à l’intention des usagers.

Ces panneaux seront retirés en même temps que seront déployés des radars pédagogiques qui rappellent à l’usager la vitesse à laquelle il roule sans le sanctionner. Ces radars pédagogiques seront implantés de façon aléatoire et non systématiquement à quatre cents mètres d’un radar fixe comme aujourd’hui. Ils seront installés dans des lieux adéquats avant les radars fixes ; il y en aura aussi à d’autres endroits dangereux sans radars.
Tout cela va aller très vite, des commissions locales se réunissent dès cette semaine et les panneaux commenceront à être enlevés dès la semaine prochaine.

C’est le résultat d’un travail fructueux entre le Gouvernement et sa majorité.

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