Sidérurgie lorraine

mercredi 15 février 2012 18h18

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sidérurgie lorraine
 
 
Michel LiebgottMichel Liebgott. Ma question s’adresse à monsieur le ministre de l’industrie.
 
Pour la sidérurgie lorraine, les mois se suivent et se ressemblent : à l’image de pans entiers de l’industrie française, elle n’en finit pas de connaître mauvais coups sur mauvais coups.
 
Hier, ArcelorMittal a de nouveau repoussé sine die le redémarrage des hauts-fourneaux de Hayange.
 
 
Les 3000 salariés d’ArcelorMittal Lorraine et ceux de très nombreuses sociétés de sous-traitance, oubliés des accords de chômage partiel, les syndicats, les élus locaux et tout un bassin de vie se demandent si ce n’est pas le début de la fin. Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, la France a perdu un emploi industriel sur dix. Les hauts-fourneaux sont, paraît-il, fermés provisoirement. Mais peut-on encore vous croire après l’épisode Gandrange ?
 
 
Monsieur le ministre, vous êtes venu récemment en Lorraine pour affirmer votre solidarité, mais avec les dirigeants d’ArcelorMittal. Vous n’avez pas mis les pieds à Hayange, le site concerné ! Comment pouvons-nous encore vous faire confiance ? Le Président de la République lui-même n’a pas tenu ses promesses en terre lorraine.
 
 
Pourtant, le groupe ArcelorMittal a réalisé, en 2011, 2,3 milliards de dollars de bénéfices, car il préfère spéculer sur le marché des matières premières plutôt que de pérenniser les hauts fourneaux et des sites industriels.
 
 
Vous savez qu’un projet expérimental de captage-stockage de CO2 peut sauver la sidérurgie lorraine. Des fonds européens sont nécessaires. François Hollande a rencontré José Manuel Barroso à ce sujet. Quand M. Sarkozy, qui l’avait promis après la fermeture de Gandrange, rencontrera-t-il José Manuel Barroso pour lui en parler ? Quand allez-vous enfin changer votre politique d’allégeance aux grands groupes, et exiger d’ArcelorMittal, propriété de la cinquième fortune mondiale, qu’il respecte ses engagements à Hayange, ce qu’il n’a pas fait à Gandrange ?
 
 
 
Réponse : Éric Besson, ministre chargé de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique.
 
Monsieur le député, pour ce qui concerne Gandrange, tout d’abord, j’y suis allé il y a quelques semaines et j’ai montré très précisément que tous les engagements qui avaient été souscrits par Luc Chatel lorsqu’il était ministre de l’industrie avec ArcelorMittal avaient tous été scrupuleusement respectés, et les socialistes qui m’accompagnaient lors de cette visite ne l’ont pas contesté, pas plus que les journalistes. Vous êtes donc d’une mauvaise foi absolue…
 
M. Patrick Lemasle. Grandrange, c’est fini. Grandrange est fermée !
 
M. Éric Besson, ministre. …et c’est très compliqué de le faire a posteriori.
 
 
Pour ce qui concerne Florange – et le sujet est d’actualité, puisque Xavier Bertrand et moi-même avons reçu ce matin le PDG France d’ArcelorMittal, M. Hervé Bourrier – les choses sont contraignantes puisqu’en droit français, le comité d’entreprise doit être informé le premier. Mais puisqu’une dépêche vient de tomber et que c’est la direction qui le dit, je vais la citer : « Le projet qui sera présenté au comité central du 23 février 2012 porte sur la prolongation de la suspension temporaire d’une partie des installations de Florange…
 
M. Christian Eckert. Et voilà !
 
 
M. Éric Besson, ministre. …pour le deuxième trimestre de l’année 2012 ainsi que sur le maintien de l’ensemble des mesures permettant le redémarrage des installations lorsque les conditions de marché le permettront ».
 
 
Nous avons obtenu ce matin avec Xavier Bertrand la confirmation que tous les efforts de maintenance seraient poursuivis pour permettre le redémarrage. Voilà ce qu’est l’actualité.
 
 
Quant au projet Ulcos, très sincèrement, je n’ai pas envie de polémiquer sur un sujet qui touche directement les salariés mais sachez que notre mobilisation est totale. Nous nous sommes engagés à mobiliser sur des investissements d’avenir plus de 150 millions d’euros. Nous travaillons avec la Commission européenne et je suis allé voir personnellement les droits commissaires concernés.
 
La visite de François Hollande était un peu saugrenue, au mieux inutile, au pire contre-productive !

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